Jean-Jacques Birgé

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lundi 27 avril 2020

L'homme à la caméra ÉLU Citizen Jazz


Super article de Franpi Barriaux dans Citizen Jazz qui a ÉLU la réédition du disque L'HOMME À LA CAMÉRA (première publication en CD) sur le label autrichien Klanggalerie avec en prime l'inédit LA GLACE À TROIS FACES, le tout pour le grand orchestre d'UN DRAME MUSICAL INSTANTANÉ avec Jean-Jacques Birgé, Francis Gorgé, Bernard Vitet, Youenn Le Berre, Magali Viallefond, Jean Querlier, Denis Colin, Hélène Sage, Patrice Petitdidier, Philippe Legris, Gérard Siracusa, Jacques Marugg, Bruno Girard, Bruno Barré, Nathalie Baudoin, Marie-Noëlle Sabatelli, Didier Petit, Helene Bass, Geneviève Cabannes !
Et Franpi ajoute le film de Vertov avec le Drame en 1984 sur DailyMotion en fin d'article...
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C’est un sacré événement auquel nous convie le label autrichien Klang. Spécialisé dans la réédition des disques « pionniers » des musiques électroniques et fureteuses, c’est à eux qu’on doit déjà le retour dans nos oreilles le Rendez-Vous de Jean-Jacques Birgé avec Hélène Sage (et aussi quelques disques des Residents, mais c’est une autre histoire…). On retrouve d’ailleurs les deux dans ce disque à double entrée : le premier, parce qu’il est membre d’Un Drame Musical Instantané (UDMI), et la seconde en tant qu’invitée, parmi la foultitude d’artistes présents au Théâtre Dejazet, ce 14 mars 1984, alors que UDMI captait la bande-son de L’Homme à la caméra de Dziga Vertov, tourné en 1929. La musique jouée par quinze musiciens est intuitive et très complexe parfois, tout en gardant une inclination pour l’immédiateté. On pense à Lumpy Gravy de Zappa, notamment dans l’échange entre le hautbois de Magali Viallefond et le basson de Youenn Le Berre ou la clarinette basse d’Hélène Sage.
On sait Birgé et ses amis Francis Gorgé et Bernard Vitet très influencés par le cinéma, et le choix de ce film de Vertov n’est pas anodin. Véritable mise en abyme, film du film, cette œuvre expérimentale sans ligne conductrice offre à UDMI l’occasion d’inventer. « Premier Rendez-Vous : Cérémonie » célèbre ainsi le sens de la narration du trio très augmenté et la liberté dont jouissait Francis Gorgé à la guitare. Comme Vertov dans son film, il y a une sensation de foisonnement extrêmement pensé pour invoquer cette diversité qui fait société, où comment narrer sans cadre. On y entend du chant, du théâtre en action (« Cosinus »), et des élans musicaux très sophistiqués, notamment avec le concours de Didier Petit au violoncelle. L’Homme à la caméra voulait faire du cinématographe en rupture avec la littérature et la comédie. UDMI nous prouve que l’image est intimement liée à la musique. Et même, qu’elles s’entre-nourrissent avidement.
La suite du disque garde peu ou prou le même visage en ce qui concerne les musiciens mais le ton change du tout au tout. Plus classique dans sa forme, La Glace à trois faces de Jean Epstein (1927), tiré d’une nouvelle de Paul Morand est un film davantage tourné vers le drame et les ressorts psychologiques. Enregistré à Corbeil-Essonnes en 1983, ce ciné-concert est totalement inédit. Il permet de goûter à la plasticité de UDMI. Le film, facilement trouvable sur le net, permet de voir à quel point la musique se conçoit en même temps que l’image. Dans ce marivaudage tragique, Birgé au piano fait des merveilles (« Le Malheur ») et un quintet à cordes prend une place centrale, non sans s’inspirer des souvenirs lointains des partitions en vogue dans le muet pour mieux les distordre et les réinventer. A commencer par le jazz de guingois de « Bohème » où le tuba de Philippe Legris et la clarinette basse de Denis Colin rendent coup pour coup à la trompette de Vitet. Un disque indispensable à tous les amoureux du cinéma, et à ceux qui aiment les musiques furieusement inclassables.

Manuel de survie (2)


Je suis furieux. C'est à l'épreuve du feu que l'on apprend si certaines astuces fonctionnent. Or mon Manuel de survie ne délivre aucun conseil en cas de pandémie. On y trouve bien comment sortir de sables mouvants, comment échapper à un ours, un puma, un requin ou des abeilles tueuses, comment sauter d'une voiture en marche depuis une moto ou entrer dans un train en marche quand on se trouve sur le toit, il y a même que faire si une dame accouche dans un taxi, comment survivre si on est perdu dans le désert, que faire si mon parachute ne s'ouvre pas... Mais franchement à quoi cela peut-il servir en temps de confinement ?! J'entrevois pourtant comment forcer une porte, sauter du haut d'un immeuble dans un containeur puis soigner une fracture de la jambe. Là on se rapproche du réel et de la sortie de crise...
Je cherche aussi sur Internet où nous pourrons nous réfugier sur la planète pour échapper à la folie et la stupidité de l'espèce humaine, mais cette autre pandémie, bien plus virulente que le Covid-19, semble avoir gagné tous les continents. Je ne trouve pas un seul pays où me sentir en sécurité. Les anciens de Lehman Brothers ont infiltré les gouvernements, et quand ils n'y sont pas de sombres imitateurs servent les intérêts de banquiers sanguinaires ! Le confinement n'aura donc servi à rien. Il aura tué plus de monde que le virus et ouvert les portes à l'obéissance de groupe. Le test est positif. Nous sommes infectés, mais sommes-nous pour autant condamnés à vivre sous le joug d'une autorité absurde ? Aurais-je besoin d'un manuel de survie un peu plus conséquent ?