Jean-Jacques Birgé

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mercredi 29 mars 2006

Le meilleur film sur le 11 septembre


Loose Change est un film à ne manquer sous aucun prétexte.

L'incendie du Reichstag, pardon, le coup d'état du 11 septembre 2001,
filmé par Dylan Avery. On peut regarder le film librement sur :
http://www.dailymotion.com/atmoh/video/57369
Il y a un lien vers la 2nde partie sous l’écran :
http://www.dailymotion.com/atmoh/video/57822
On peut agrandir l’écran en cliquant sur la petite fenêtre noire en bas de l’écran, juste à gauche de l’inscription daily motion.
Il y a une version de meilleure qualité de Loose Change (écran large et en une seule partie) sur http://reopen911.online.fr

Il me semble que ce sont des personnes proches du Réseau Voltaire qui relaient le film en France en lui adjoignant des sous-titres français. Les preuves contre le livre de Meyssan furent plus incroyables que ce qu'elles prétendaient dénoncer. Dans les reportages des journaux français comme Libération, la rigueur pour contredire cette théorie aurait dû être de mise. Il est indispensable de rouvrir le débat sur le 11 septembre. Aujourd'hui plusieurs films, tournés par des Américains pour les Américains, vont beaucoup plus loin que l'enquête de Meyssan : le plus époustouflant est certainement Loose Change, mais on peut voir aussi 911 in Plane 1/2 et PainfulDeception (Trahison douloureuse). On trouve plus d'informations sur http://at.moh.online.fr/ReOpen911/.

Si ce n'était qu'une théorie du complot sur le 11 septembre, ce serait déjà renversant. Mais à suivre ce qui s'est passé ensuite (ce n'est pas dans le film) - les lois scélérates dites "patriotes" votées dans la foulée, l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak pour éradiquer des armes de destruction massive (on n'en a trouvé aucune dans ni dans un pays ni dans l'autre), l'opération Anthrax (étouffée lorsque les coupables ont été découverts parmi l'extrême-droite américaine), les tricheries aux élections américaines, etc. - on peut s'interroger et se demander si nous n'avons pas à faire avec le plus gros coup d'état de l'histoire de l'humanité. Logique politique parfaitement plausible des Etats Unis avec leur politique extérieure depuis un siècle, depuis le Canal de Panama. sauf que cette fois, le pays le plus puissant du monde est tombé aux mains de la pègre, la bande des voyoux du pétrole soutenus par des fanatiques religieux. God bless America et le reste du monde.

Si certaines questions vous paraissent insensées, si certaines affirmations vous semblent relever de la paranoïa, repensez à Néron, repensez à Hitler et à l'incendie du Reichstag, repensez au projet Manhattan, admirez le travail en Amérique du Sud, regardez bien, écoutez bien, informez-vous auprès d'ingénieurs et de spécialistes, faites en sorte de contrarier ce qui vous est montré, mais ne laissez pas ces questions en suspens, il y va de l'avenir de l'humanité. Ne dites pas un jour "on ne savait pas". C'est trop tard, vous aurez vu ces images et entendu ces témoignages.

P.S. : commentaire rectificatif du 25 avril 2006 à cliquer ci-dessous.
P.P.S. : nouveau site http://www.loosechange911.com/

mardi 28 mars 2006

C'est le printemps : grève générale !


La belle saison s'annonce.

dimanche 26 mars 2006

Leurre d'été

Contrairement à mon ordi, mon réveil ou mon décodeur télé, mon horloge biologique n'est jamais mise à jour automatiquement.

Je perds le fil des saisons. Je n'ai plus la délicieuse sensation des jours qui s'allongent doucement. Deux fois par an, le passage est brutal. Nous perdons le contact avec la nature planétaire encore un peu plus. Cela fait trente ans que ça dure. Il paraît que le gain économique est minime, entre ce que ça coûte réellement et ce que ça rapporte. Il n'y a pas que la facture d'énergie industrielle, on oublie celle des êtres humains, bringuebalés par les lubies technocratiques. Un de ces jours, on reviendra au cycle, les révolutions.

vendredi 24 mars 2006

Rire jaune, sueur froide


Crise de nerfs d'un jeune allemand face son jeu vidéo qui refuse de fonctionner.

Antoine m'envoie ce lien vers une vidéo qui pourrait être amusante. Je ne peux pourtant m'empêcher de m'inquiéter pour l'avenir de cet adolescent. Devant l'étrange similarité de ton avec celui du Führer sur le stade de Nüremberg en 1933, je me demande si le jeune Adolf avait de tels problèmes avec sa palette de peinture. Quel effet cette crise hystérique produit-elle sur les spectateurs que nous sommes ? Sa puissance me rappelle les réactions si variées engendrées par la projection du film A movie de Bruce Conner. On commence par rigoler, le rire se fige, on devient grave pour sombrer dans un abîme de perplexité, et c'est là que la question prend tout son sens. En tous cas, l'avertissement habituel sur le stress que peuvent générer les jeux vidéo est donc à prendre bien au sérieux.

mercredi 22 mars 2006

Inapplicable

La loi sur les DADVSI et le téléchargement a été votée hier à l'Assemblée Nationale.

Deuil national. Billet d'infos.
La loi est inapplicable à moins de fliquer tous les internautes, mais pourquoi pas ?
Seul dièse à cette absurdité, l'obligation des sites payants d'homogénéiser leurs protections pour que les fichiers téléchargés soient lisibles sur tous les lecteurs, mais est-ce applicable en l'état ?

samedi 18 mars 2006

Propriété Légalité Sécurité

Archéologie du Net : les trésors remontent à la surface...
tandis que les législateurs votent des lois régressives, honteuses et dangereuses sous couvert de protection des droits d'auteur.

J'en ai déjà parlé un petit peu dans d'autres billets. J'aurais aimé découvrir ces pépites vidéographiques il y a trente, vingt ou dix ans : toutes les émissions où Frank Zappa est interviewé sur les chaînes de la télévision américaine, un documentaire hollandais de 1971, 20 minutes de show de Sly and the Family Stone, un documentaire d'une heure sur Sun Ra (Brother from Another Planet), un concert de Stevie Wonder au Japon, un autre de Marvin Gaye, Hendrix chez Drucker en 67, Nusrat Fateh Ali Khan en concert au Pakistan, Neil Young, Marianne Faithfull, plus d'une demi-douzaine de concerts télévisés de John Coltrane... Dimeadozen.org ne met en circulation que des documents qui n'ont jamais été commercialisés. CD et DVD prêts à graver.

Mais le droit à la culture et à l'information sera bientôt hors la loi dans notre cher pays des libertés surveillées ! On aurait pourtant pu instaurer un système qui permette aux auteurs de toucher leurs droits. On préfère tout interdire et ensevelir ces joyaux qui ont été enregistrés par des téléspectateurs du monde entier. Ici il y a bien les archives de l'INA mais elles sont inabordables financièrement. Il faudra payer, certes, mais l'offre sera encore une fois entre les mains des majors qui verrouillent tout pour en contrôler le monopole. Jusquà ces derniers temps, le téléchargement en Peer to Peer était légal, mais les débats à l'Assemblée Nationale tournent de la manière la plus stupide qui soit, selon la loi, la loi unique, la loi inique, celle du marché. Ses défenseurs n'ont pas de quoi être fiers, ils viennent d'aider à remplacer liberté égalité fraternité par propriété légalité sécurité.

Intelligent article d'Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, dans Libération du 15 mars, intitulé Qui se soucie du consommateur ? et résultat des courses dans l'édition de ce matin. Honte à ceux qui ont la vue courte et qui ont signé en croyant bien faire ! Relire mes billets des 7 et 21 janvier... Je le signale un peu tard bien qu'y ayant apporté quelque commentaire dès les premières heures, mais le blog du député socialiste Christian Paul est entièrement dédié à la loi sur le DADVSI.

dimanche 12 mars 2006

P2P à l'UMJ

Débat à l'Union des Musiciens de Jazz, dans les anciens Frigos de Tobiac.

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vendredi 3 mars 2006

Des vidéos par millions

You Tube.
Taper un nom, un mot... pour voir !
Les internautes y mettent leurs vidéos en ligne à raison de 20 000 par jour, et 15 millions sont regardées quotidiennement. Comment tout cela va-t-il évoluer ? Dissolution ou focalisation ? Question de classement et de modes de recherche peut-être. Toutes les encyclopédies se complètent... On comprendra pourquoi le combat pour les droits d'auteur est plus crucial que jamais, mais il s'agit de saisir les mutations que nous sommes en train de vivre. Aucune raison de s'affoler comme le font les majors et ceux qu'elles entraînent à leur suite. Garder ses acquis est une chose, rater le coche de l'avenir en est une autre. Les exploiteurs tiennent à leurs prérogatives et à leurs profits juteux, certes, mais aucune économie ne peut fonctionner sans le soutien des consommateurs. Plutôt qu'un repli frileux et régressif, négation des pratiques de son époque, il serait plus judicieux d'envisager l'avenir en s'y engouffrant corps et âme, en l'infléchissant dans le sens d'une plus juste répartition des richesses engendrées.

P.S. : six mois après ce billet, ce sont 100 millions de vidéos qui sont regardées chaque jour !

jeudi 2 mars 2006

Le texte du sniper


C'est la version française du texte écrit en bosniaque par Ademir Kenovic que j'ai traduit de l'anglais.

''Le sniper'' faisait partie de la série Chaque jour pour Sarajevo (Sarajevo, a street under siege) tournée par neuf réalisateurs de Point du Jour, coproduite avec SAGA, sur une idée de Patrice Barrat, producteur et l'un des réalisateurs. J'ai réalisé une douzaine de ces petits court-métrages parmi les 110 tournés, chacun de 2 minutes.
En 1994, la série a reçu le British Academy Award of Film & TV Arts (BAAFTA) et le Prix du Jury du Festival de Locarno.
La qualité exceptionnelle de l'ensemble des films mériterait qu'on en édite l'intégralité en DVD.

Le sniper était l'un de ces 110 films. Il a été choisi par les Bosniaques à la demande de la SRF, de l'ACID et de la SACD, pour qu'on parle de leur impossible situation. Le film, remonté pour le grand écran, est passé dans plus de 1000 salles en France, et sur presque toutes les chaînes de télévision (TF1, France 2, France 3, Canal+, M6, Euronews, Première, Ciné-Cinémas...). Seuls MK2 (distributeur de Bosna! de BHL) et Arte (où siège ce type surnommé par les bosniaques DHS pour Deux Heures à Sarajevo) ont refusé de passer Le sniper qui appelait à envoyer des dons pour reconstruire la Cinémathèque de Bosnie-Herzégovine.

LE SNIPER
Je décide toujours avec soin comment, quand et où passer :
près des bâtiments ou au milieu de la rue...?
Je zigzague...? je traverse vite...? ou lentement...?
Je fais en sorte qu'on me voit le moins possible des collines qui sont beaucoup trop proches de nous et que personne n'aime plus regarder...
Parfois en marchant j'essaie d'imaginer ce que c'est que d'être touché par un sniper...
Est-ce qu'on peut sentir la balle vous transpercer le corps...?
Est-ce que ça fait mal... ou chaud...?
Je me demande si je tomberai...
si j'entendrai le sifflement de la balle... avant qu'elle me touche... ou après...?
Quel bruit font les os en craquant...?
Le cycliste qui s'est fait décapité par une mitrailleuse antiaérienne,
a-t-il été conscient de quoi que ce soit...?
Je continue de croire que je serai "juste" blessé...
je ne pense jamais que je serai tué.
Je me demande si j'aurai le temps de voir voler une partie de mon corps devant moi après avoir été touché...?
Est-ce que ça produit une odeur... un goût...?
A quoi pense l'homme qui se cache la tête derrière son journal en traversant là où tirent les snipers...?
Je pense : ai-je peur ou suis-je seulement curieux
parce que je déteste ignorer les choses qui me concernent...?
Et puis je me demande pourquoi certains marchent sans rien comprendre, l'air hagard...
pourquoi certains en protègent d'autres...
et pourquoi d'autres encore courent machinalement...?
D'autres enfin essaient de vaincre leur peur en marmonnant des explications stupides...
Parfois je pense à ceux qui tirent : comment choisissent-ils leurs victimes,
homme ou chien, femme ou enfant, quelqu'un de jeune ou de célèbre,
ou peut-être que c'est par la couleur de leurs vêtements...?
Est-ce que le tireur est heureux quand il fait mouche ?
Je pense souvent au mépris profond des habitants de Sarajevo
pour ceux qui disent qu'ils ne savent pas qui et d'où on tire
et pour tous ceux qui font semblant de les croire.
Ils regardent simplement les futurs fascistes, autour d'eux, qui tirent sur leurs enfants...

P.S.: voir aussi billets du 8 novembre 2005 et du 1er mars 2006.

mercredi 1 mars 2006

Le sniper


Le sniper, que j'ai tourné le 17 décembre 1993 pendant le siège de Sarajevo, est enfin en ligne.
Quelques mots écrits alors, à mon retour...

On m'a appelé un lundi midi pour partir à Sarajevo le surlendemain matin. Je devais réaliser un programme quotidien de deux minutes intitulé Sarajevo : a street under siege diffusé dans le monde entier. Depuis, l'émission passe également chaque soir sur ARTE sous le titre Chaque jour pour Sarajevo, mais aucun de mes films n'a été vu en France. J'étais le troisième d'une longue série de réalisateurs à partir filmer la vie de cette rue, une idée formidable de Patrice Barrat.
J'ai d'abord répondu que je ne voulais pas y aller parce que j'avais peur. Mais que serait-il resté de mes idées ? En fait j'ai eu peur avant. Après, c'est trop tard, on n'a plus peur, on est simplement tendu en permanence. Ça tirait jour et nuit. Les obus tombaient n'importe où. Jusqu'à mille en période de pointe. Les snipers tiraient sur tout ce qui bouge, ou sur tout ce qui ne bouge plus.
Je ne suis ni journaliste ni correspondant de guerre. Je prends les événements en pleine figure. Ça ne glisse pas sur ma peau, ça l'imprègne et il arriva un moment où la production m'accusa d'être devenu sarajévien, de ne plus être capable de faire jouer le décalage entre Paris et la capitale bosniaque. Évidemment, je suis un homme de fiction, un rêveur, et la vie là-bas nous pousse à la folie. Pas d'eau, pas d'électricité, pas grand chose à manger, mais une extraordinaire chaleur humaine, avec l'imagination et l'intelligence comme mode de résistance.
Sarajevo trouble tous ceux qui y sont allés et y ont séjourné. Pas une heure ne passe sans que nous ne pensions à ceux et celles qui vivent là-bas. Le retour est pénible. Nous n'avons pas encore trouvé ce nouvel équilibre auquel nous aspirons mais qui doit composer avec ce que nous étions, avec ce que vous êtes, avec ce que nous redeviendrons peut-être.
Là-bas ressemble tant à ici. Pourtant on n'y respire pas l'air à pleins poumons, parce que le ciel est de plomb, il tue. Ici je peux me promener sous le ciel diurne ou nocturne, mais j'ai du mal à supporter les mille et une petites mesquineries que le confort engendre. Jour après jour je me réadapte, à redevenir un monstre après avoir été un fou.
Le sniper est le dernier film que j'ai tourné là-bas. J'étais en colère contre les remarques trop journalistiques que me renvoyait la production depuis Paris, et surtout depuis Londres. Je ne pensais pas qu'ils avaient tort, je cherchais simplement des manières différentes de rendre compte de la vie de cette rue, qui était maintenant devenue notre rue. J'ai eu envie de montrer qu'une fiction pouvait être aussi réelle, aussi efficace qu'un documentaire. Je n'ai d'ailleurs jamais cru qu'il y ait une frontière entre ces deux-là. Le sniper a été tourné comme n'importe quel autre film de la série, tous les éléments qui la composent sont bien réels.
Des gens marchent sur la chaussée. Il n'y a plus de voitures, il n'y a plus d'essence. L'équipe qui les filme est, à part moi, entièrement bosniaque. Miki fut le cadreur de tous les films de Kusturica, Menso est le meilleur directeur de production de Sarajevo, Lejla a vingt-deux ans, elle travaille depuis trois mois, c'est une journaliste hors-pair, Nuno est le monteur, lui et Ademir Kenovic dirigent SAGA, coproductrice du film avec Point du Jour.
Ademir, je me souviens, tu as essayé de me calmer en m'expliquant qu'à Paris ils avaient des problèmes psychologiques alors qu'ici les nôtres étaient existentiels, nous ne pouvions pas nous comprendre. Un soir où nous filions dans le noir à cent trente à l'heure, tous feux éteints, sur Sniper Allée vers l'immeuble de la télévision d'où nous devions envoyer par satellite le tournage de la journée, tu m'as raconté ce à quoi tu pensais tandis que moi je rentrais le ventre pour être aussi mince qu'une feuille de papier. Ce sont ces réflexions que je t'ai demandé d'écrire pour la voix off du film. Menso a emprunté la lunette d'un fusil aux soldats de la FORPRONU et Miki l'a installée devant une petite caméra V8. Je n'étais pas tranquille, j'avais peur que les vrais snipers qui sont sur les collines nous tirent dans le dos ou que la police qui est en bas nous prenne pour de vrais tchetniks. Fudo, l'ingénieur du son, racontait des histoires drôles, évidemment lugubres, pour détendre l'atmosphère. Aujourd'hui le film leur fait le même effet qu'à vous.

Voir aussi billets du 8 novembre 2005 et 2 mars 2006.