Jean-Jacques Birgé

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lundi 24 décembre 2007

Mon blog m'épargnerait-il une bonne psychanalyse ?


Rédiger un blog m'épargnerait-il une bonne psychanalyse ? C'est ce que semblent insinuer quelques amis narquois à la lecture de mes billets "perso". Si les découvertes de Sigmund Freud ont éclairé ma vie, si la voix de Jacques Lacan m'a laissé entrevoir des champs inespérés, j'ai toujours ressenti quelque méfiance vis à vis de la pratique analytique. Comme me le faisaient remarquer Jean-André Fieschi et Catherine Clément lorsque j'avais vingt ans, on n'y va pas par curiosité, mais lorsque la souffrance est trop grande. La sienne ou celle que l'on inflige aux autres ? Embrassant d'un vaste regard les usages, je cherche les directions qui nous permettraient de résorber nos angoisses et d'avancer sur le long chemin de l'existence.
Nos parents considéraient souvent la psychanalyse comme une vaste supercherie. Il est évident que jusqu'au début du XXème siècle comme encore aujourd'hui dans la majorité des coins du monde ou ailleurs que dans la bourgeoisie, il existe d'autres solutions. La confession, par exemple, avec son secret, ressemble bigrement au rituel psychanalytique, n'en déplaise aux spécialistes qui ont toujours vu d'un mauvais œil la comparaison ! Parler soulage les tourments de l'âme. L'option la plus douloureuse semble être de tout garder pour soi, refoulant les démons qui nous habitent. Accumulant les cadavres dans le placard, l'adage "pour être heureux vivons caché" fait des ravages. La rétention se repaît des doutes, des suppositions, des rancœurs et des regrets. Il faut que cela sorte.
Si la psychanalyse en a soulagé plus d'un et plus d'une, ses longs rituels durant des années à raison d'une ou deux séances par semaine me donnent l'image d'une nouvelle mystique. D'autant que ses adeptes ont le prosélytisme facile. Si la cure réussit à certain(e)s, d'autres rament ou la vivent de façon catastrophique. Lorsque je pose la question de l'échéance et qu'une amie me répond, amusée, qu'elle ne se terminera probablement jamais alors qu'elle en est déjà au moins à quinze ans, j'ai des frissons dans le dos. À une époque où j'aurais pu en ressentir le besoin, la dépendance qu'elle demande m'en a dissuadé. Je ne peux accepter d'être tributaire de contraintes extérieures dont je ne comprendrais pas les tenants et aboutissants. J'ai soigné mon hernie discale en faisant de la gymnastique matin et soir à la maison, mais je n'ai jamais réussi à tenir plus de six mois si la discipline m'était imposée par des tiers et n'était pas modulable. Les psychanalystes sont bien complaisants avec les différents rituels qu'ils installent, en particulier celui de l'argent. Je n'ai d'ailleurs hélas jamais constaté que cela règle les conflits économiques intérieurs chez les adeptes du divan. Il existe d'autres pratiques addictives et d'autres contraintes, mais je ne vais pas régler le sort de la psychanalyse en quelques lignes. Dommage.
Les artistes hésitent souvent à entrer en analyse par crainte de saccager le terreau sur lequel ils ont bâti leur œuvre. C'est probablement un prétexte, mais il est certain que l'acte de création est une manière habile et jouissive de tordre le cou à ses angoisses en les canalisant en une forme productive. Dans nombre de cercles analytiques, l'art fait même figure de panacée universelle, une sorte d'épanouissement de l'individu qui mettrait un terme à sa quête. Il incarne parfaitement la réponse à une souffrance. Lorsqu'il revêt la forme abstraite de la peinture ou de la musique, il permet la pirouette sans trop se mouiller. Les formes plus explicitement narratives sont plus violentes et demandent plus de courage. Mais celle ou celui qui s'y adonne a-t-il le choix ?
Rédiger son journal anthume au jour le jour montre une impudeur dont le narrateur se moque. S'il peut s'y promener nu, le problème retombe sur ses proches qui n'ont certainement pas envie de retrouver leur intimité exhibée aux yeux de tous. La fiction a le privilège de l'anonymat de ses acteurs, mais le "point de vue documenté" révèle les protagonistes sous un angle qu'ils n'ont pas choisi et qu'ils ont même souvent évité. On verra ainsi fleurir les interdictions et les censures. Cela se comprend. Les ponts de vue divergent. Je fais un a-parte pour signaler aux adeptes des jeux de mots et labsus que le poète en fait ses choux gras et que c'est souvent en connaissance de cause qu'il glisse ici et là quelque mot d'esprit spécifique à son art. Le sexe, la mort et l'argent sont toujours aussi populaires ; ils font marcher le monde. D'aucuns me répondent que l'analyse s'exerce sous couvert de l'anonymat contrairement à l'autobiographie. À relire les écrits de maint psychanalyste, j'ai des doutes, à commencer par Freud lui-même...
Alors ? Peu importe la manière si chacune ou chacun trouve comment soulager sa peine sans trop emmerder ses congénères. Exhibitionnisme intellectuel, confession religieuse, démarche psychanalytique, création artistique, méditation transcendantale, rites animistes, introspection, aide des potes ou ce qu'on voudra, pourvu que cela sorte et que l'on se sente soulagé du poids qui nous étouffe et nous empêche d'avancer. L'épanouissement emprunte souvent des chemins originaux que les amis ne pourraient soupçonner. Êtes-vous heureux ?

vendredi 21 décembre 2007

Jeu de massacre


J'ai du mal à comprendre ce qui se passe. Le tombeur qui nous tient lieu de président massacre tous les acquis de décennies de lutte et les citoyens ne se passionnent que pour ses histoires d'alcôve. Aurais-je manqué un épisode ?
1. Le cul.
Contrairement au puritanisme américain qui fit chuter Clinton pour une affaire de cigare bizarrement placé, le machisme des Français a toujours profité à ses politiciens. Ainsi Giscard avait redoré son blason d'emprunt après un accident d'Alfa, empruntée à Roger Vadim si je me souviens bien, à 5 heures du matin contre un camion de lait, avec à son bord Marlène Jobert ; le peuple s'était dit que cette tête n'était pas si nœud si le Roméo avait réussi à emballer la coquine. Idem avec la double vie de Mitterrand qui en a épaté plus d'un(e). Et auriez-vous oublié les parties pompidoliennes ? Inversement, les affaires de corruption passent mieux aux USA que de ce côté de l'Atlantique. À chacun ses tabous ! Mais qu'est-ce qu'on se fiche de savoir si une riche héritière ex-mannequin reconvertie dans la variète a succombé au charme de l'éjaculateur précoce de la chose publique ? Peut-il être sur tous les fronts, faire la une de tous les quotidiens et avoir le temps de batifoler ? Encore une fois on s'en fout, sauf que tous les matins en première page de Libé je me retrouve face à son image ou à son nom. Cela finit par être lassant et il est probable que, malgré le plaisir éprouvé à récupérer aux aurores le journal dans ma boîte, un canard boîteux déjà vendu à Rotschild, camarade du président, je finirai par me désabonner.
2. Le massacre.
Pendant ce temps, la droite se prépare une année saignante. Le responsable du Ministère de la Culture nous annonce une réduction de 50 à 100% des aides à l'action culturelle, des réductions de 6 à 20% pour le reste. Ça, c'est du sûr. D'autres parmi ses collaborateurs murmurent la suppression de la Direction de la Musique et de la Danse pour avril, et certains, encore plus optimistes, espèrent que le Ministère lui-même aura sauté bien avant ! Les étudiants se font remettre en short, les postes de juges, de profs, etc. sont supprimés ou pas remplacés. Je ne vais pas accentuer la dépression en continuant à énumérer une liste qui touche tous les secteurs, mais l'addition ressemble à un véritable jeu de massacre.
3. Sarkozy, qui aurait certainement aimé jouer dans des films de cow-boys comme Reagan ou faire de la gonflette pour ressembler au gouverneur de Californie Schwartzy, cherche par tous les moyens à nous étourdir en pipolisant le monde politique en une sorte de show glamour où plus rien ne compte d'autre que l'esbrouffe et le décervelage. Merdre de merdre, Père Ubu, relancez donc les jeux du cirque, transformez les SDF en gladiateurs, multipliez les loteries, faites briller les paillettes, sans oublier les grands travaux (c'est pour quand ?), que l'on oublie que jamais l'exploitation de l'homme par l'homme ne fut si flagrante et le Capital si cynique. On n'a encore rien vu, précarité et pauvreté peuvent s'étendre sur l'hexagone, le froid a insensibilisé les prolétaires, la solidarité est devenue une ringardise, on va morfler et en redemander. Dans les quartiers, des jeunes s'organisent et recommencent à rêver aux lueurs des torches, mais ça c'est une autre histoire...

vendredi 14 décembre 2007

À quoi jouent les services secrets ?


Acte I
Comme j'évite soigneusement de regarder la télévision, en particulier les journaux télévisés qui sont to-ta-le-ment manipulés et donc manipulatoires, je prends connaissance de cet extrait d'un magazine de Paul Amar sur France 5 interviewant Guillaume Dasquié au lendemain de sa garde à vue à la DST pour avoir publié un article sur le 11 septembre dans Le Monde du 17 avril dernier. Il est arrêté pour compromission du secret défense, soupçonné d'avoir divulgué des éléments provenant de la DGSE relatifs au terrorisme. Guillaume Dasquié était jusque là journaliste spécialiste du renseignement à Géopolitique. L'article 109 du code pénal est censé protéger les journalistes d'avoir à dévoiler leurs sources. Dasquié compare l'aventure qui lui est arrivée, nous sommes début décembre, à l'ambiance du film de science-fiction Bienvenue à Gattaca ! Les pratiques illégales des services de police et assimilés n'étant plus à démontrer dans notre beau pays des droits de l'homme et du citoyen, il serait dommage d'en rester à cette "bavure" procédurière que certains lecteurs du site Arrêt sur images attribuent à une tentative d'intimidation de la presse... Arrêtez-vous là pour le moment, et regardez le film jusqu'au bout.


Acte II
Au-delà de l'extrait de 18 minutes, il faut absolument lire ici les commentaires (plusieurs pages) laissés sur DailyMotion qui montrent de quoi il est réellement question. Le jeu semble consister à montrer que le journaliste est lui-même manipulé voire le manipulateur à la solde d'une puissance étrangère. À moins que les services français ne soient derrière tout cela ? Voulaient-ils seulement démasquer leurs taupes ? Certains révèlent le passé de Dasquié, son livre contre L'effroyable imposture de Thierry Meyssan, ses positions pro-israéliennes, etc. Qui faut-il croire ? Nous sommes en plein roman d'espionnage. Il est évident que parmi les commentateurs anonymes se cachent des membres de la DST ou de la DGSE, voire des agents d'autres états, tout est envisageable. L'émotion de Dasquié est-elle feinte ? Nous voyons bien qu'il ne raconte pas tout, mais pourquoi ? Sacrifiant sa carrière, il a donc lâché un nom par peur de passer quelques mois en prison. Le trouble que l'affaire produit est-il le but de la manœuvre ou les 300 pages de son dossier secret recelaient-elles d'autres éléments ? Était-ce le seul dossier visé ? On noie le poisson, on décrédibilise, mais qui tire les ficelles ? Il n'y a qu'une chose de certaine, le 11 septembre cache une histoire plus énorme que l'on a voulu nous le faire croire depuis le début.

Acte III
Arrêt sur Images s'entretient avec Dasquié. Beaucoup de questions restent sans réponse. À suivre.

dimanche 9 décembre 2007

Faire !


Vendredi soir, nous avons accueilli une rencontre-appartement avec le maire communiste de notre ville, ses adjoints et quelques riverains qui, à défaut d'appartenir à son parti, avaient quelque sympathie pour les valeurs qu'il défend encore, face aux attaques opportunistes d'une coalition bourgeoise qui a le goût de la droite, le parfum de la droite, le regard de la droite, l'écoute de la droite, mais qui porte encore un nom de gauche.
Libertaire, avec de temps en temps des sympathies pour la quatrième internationale façon LCR, je n'ai jamais appartenu à aucune organisation politique. M'étant toujours imaginé gauchiste, mon indépendance m'a permis de traverser quelques décennies sans être obligé de renier les idées que j'avais défendues depuis mes plus jeunes années. Ainsi, au grand dam de ma famille et de la plupart de mes amis, j'ai refusé de faire la fête le 10 mai 1981, la victoire de la social-démocratie ne pouvant remporter mon adhésion. Mon mépris buñuélien pour la bourgeoisie n'a d'égal que la méfiance que génère l'accession au pouvoir de quelque faction que ce soit. Le programme commun m'était apparu dès sa fondation comme une tentative, qui s'avèrera réussie, du Parti Socialiste pour se débarrasser définitivement du PC qui abandonna l'idéologie au profit d'une stratégie électoraliste qui lui sera fatale. Mon attachement prudent au PC est lié à ma pratique professionnelle. Lorsque j'ai commencé à travailler dans le cinéma, nombreux techniciens et intellectuels y appartenaient et les villes qui accueillaient les projets musicaux créatifs étaient presque toujours entre leurs mains. Un des rares politiciens que j'ai rencontré qui m'ait inspiré du respect fut Jack Ralite avec qui je dînai un soir chez Joe Allen ! Encore aujourd'hui, ses positions sur la culture m'épatent par leur clarté et leur bon sens. Je fus donc un sincère compagnon de route lorsque je faisais de la musique pour Unicité, la société de production audiovisuelle qui dépendait du Parti Communiste, alors que le soir avec mes camarades nous continuions à les appeler "les révisos". La Révolution d'octobre n'avait, à mes yeux, durer que quelques semaines, la suite n'étant plus qu'une très longue série de dérives et de déconvenues qui mèneraient au stalinisme et aux illusions à perdre des générations successives de révoltés contre l'exploitation de l'homme par l'homme.
En France, la sensibilité des communistes au phénomène culturel a montré leur sincérité et leur efficacité. C'est en ces termes et sur ce sujet que j'acceptai de rencontrer nos élus. Au delà des critiques qui ont été exprimées et débattues sur la politique municipale, nous avons essentiellement retenu l'intervention d'un jeune de 24 ans présent à la réunion. Il ne veut pas qu'on l'occupe, il veut faire. Il souhaite que la municipalité donne des moyens à toute cette jeune bande de musiciens, de graphistes, de cinéastes, d'ingénieurs du son, d'informaticiens qui ne demandent qu'à apprendre et agir. Ils sont nombreux et généreux, affirmant qu'il faut que ça bouge pour que tous les autres les rejoignent. Ils ont besoin d'un lieu, de l'équiper, et pas dans quatre ans, mais tout de suite ! La jeunesse des quartiers qui s'ennuie ne peut que faire des bêtises. C'est d'ailleurs le lot de tout un chacun. L'inactivité pousse toujours à se comporter de façon inepte. Lorsqu'il n'y a rien en bas des immeubles, on fait avec les moyens du bord. Lorsqu'il n'y a plus rien à bord, on se saborde. Rencontrer des jeunes gens qui fuient l'apathie cynique du monde en continuant à rêver avec fougue et détermination donne du baume au cœur. C'est avant tout vers eux que les politiques doivent se tourner et déployer tous les moyens dont ils disposent pour les désenclaver et leur donner de quoi construire. Ils sont l'avenir. Pas seulement le leur, mais aussi le nôtre.

mardi 4 décembre 2007

L'aiguillage


Pendant les cours ou les conférences que je donne dans les différentes écoles ont l'ont me fait l'honneur de m'inviter pour parler de mon travail, du design sonore ou des relations qu'entretiennent son et image dans les média audiovisuels, j'ai l'habitude d'annoncer que je réponds à toutes les questions, même les plus indiscrètes, tant pis pour eux ! Je préviens seulement que je ne suis pas Mr Memory, car, tenant à la vie, je ne réponds à aucune question concernant les 39 Marches.
Les questions sont parfois surprenantes, parfois attendues, mais elles font toujours mouche, parce qu'elles sont légitimes, d'une manière ou d'une autre, pour celle ou celui qui les pose. "Pourquoi ?" répète inlassablement l'enfant. Le drame est qu'il réprime ses interrogations lorsque l'école primaire commence à répondre avant qu'il ait eu le temps d'ouvrir la bouche. "Êtes-vous pour ou contre le retour de Bertrand Cantat à la chanson ? Que pensez-vous des jeux vidéo ? Pourquoi l'accordéon est-il considéré ringard ? Les droits d'auteur face au piratage ?" et hier après-midi "Chaque fois que je montre quelque chose dans l'entreprise où je travaille, on me fait supprimer un détail, puis un autre, puis encore, etc. tant et si bien qu'à la fin il ne reste rien de ce que j'ai proposé..."
Ils ont bien compris que j'outrepasse mon rôle, digressant, j'essaie de leur raconter comment ça se passe, ce qui est en jeu, à tous les échelons et dans tous les secteurs de la vie sociale, l'entreprise comme le couple, l'équipe comme la famille, le capital comme le reste... On peut parler chiffres ou chiffons, je recentre toujours le débat sur ce qui nous anime, la passion pour notre travail, notre engagement. Je suis obligé de souligner que l'on a toujours le choix de se coucher ou de résister. Certain(e)s couchent, d'autres pas. C'est une question de personne, qui renvoie à la nécessité de croûter et à l'implication de sa propre démarche. Il n'y a pas de honte à devoir gagner sa vie. On peut aussi l'y perdre. Les choix que l'on prend à l'orée de sa vie d'adulte fonderont l'être en devenir. S'ils veulent résister, je peux seulement leur apprendre à le faire sans trop de dégât. Les relations à son employeur méritent un peu de jugeote. Du oui, mais... à la demande d'explication pour servir au mieux le sujet existe toute une panoplie défensive qui évite le choc frontal. D'autant qu'il n'est pas nécessaire dans la plupart des cas. L'autre a ses propres raisons et doit justifier son salaire en vous cherchant la petite bête. Il y a des façons de lui offrir sans perdre ce à quoi l'on tient. Il y a aussi des limites que notre morale ne peut nous laisser franchir. Savoir jusqu'où on peut aller trop loin est le cadre nous permettant de faire les choix qui nous feront honneur sans se flinguer et se retrouver à la rue. Il fait froid et les queues s'allongent devant la soupe populaire.
La question n'est pas facile, mais elle se pose souvent, elle est même la question. Celle du regard des autres qui ne correspond pas au sien. Besoin de plaire. Nécessité de trouver un compromis qui ne nous fasse pas (trop) souffrir. Jouir. Partager. Incompréhension de ce monde d'abrutis formatés qui nous fait de l'œil. Ceux qui lancent la mode, ceux qui font évoluer les mœurs, ceux qui transforment le monde, n'ont rencontré d'abord que railleries, brimades et croche-pattes. Certains y ont laissé la vie. La liberté d'un artiste est la seule chose qu'il possède, ce n'est déjà pas grand chose, le reste c'est le moule, la grande fabrique des us et coutumes, des règles, des lois... Le plus terrible, c'est que la résistance entretient le système qui sinon s'écroulerait de lui-même. Un comble.
Que je cherche quelle musique coller, quelle charte sonore appliquer ou comment réagir à une situation épineuse, chaque sollicitation embarrassante comme chaque projet réclame une réponse appropriée, la sienne. Question de rigueur, comme d'habitude, la solution nous explose à la figure si l'on veut bien s'y pencher. L'heure est grave, car nos réactions nous poursuivront toute notre vie et détermineront les nouveaux choix, les tournants décisifs que nous devrons emprunter.