Jean-Jacques Birgé

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mardi 20 septembre 2011

Le Parti Pirate entre au Parlement de Berlin


Démocratie directe, laïcité, liberté totale sur le Net, gratuité des transports en commun, accès libre et égal pour tous à la culture, la connaissance et l’information, renationalisation des réseaux d’eau, de gaz et d’électricité, légalisation des drogues, droit de vote à 14 ans et pour tous les étrangers, des classes de 15 élèves maximum, gratuité de la cantine scolaire, et un salaire de base garanti pour tous…
Si la gauche française n'était pas aussi dépassée elle s'inspirerait de la plateforme politique du Parti Pirate allemand qui vient de remporter 9% des suffrages à Berlin, et ce avec les moyens du bord, campagne électorale gérée en interne. La jeunesse dessine l'avenir, or nos politiciens assagis ne cherchent qu'à rassurer les vieux. Il est vrai que l'on devient vieux très tôt dans nos pays. La puissance des lobbies semble avoir raison de tous les partis, mais le résultat de 9% du Parti Pirate à Berlin qui le fait entrer au Parlement (15 sièges) montre que les choses peuvent changer. Son homologue français ne rassemble pourtant que 130 adhérents ! La frilosité réformiste de la gauche française laisse craindre le pire quand il faudrait redonner de l'espoir à tous les révoltés contre la société inique où nos vivons.


Un aperçu de la campagne du Parti Pirate berlinois...

mercredi 7 septembre 2011

Cas de conscience


La soirée bien avancée, quelqu'un a lancé pour qui allions-nous voter... La question des primaires socialistes fut évacuée illico par les plus engagés. Aux mêmes celle des présidentielles semblait prématurée. La participation elle-même posait cas de conscience. P. affirma d'emblée qu'il ne voterait pas « socialiste » au second tour. Certain qu'il aurait fallu mimer des guillemets à l'américaine pour annoncer la couleur, deux crochets prédateurs avec les majeurs et les index. En jouant le jeu prétendument démocratique nous cautionnons depuis quarante ans un régime qui n'a fait qu'empirer. Si les politiques ont perdu leur pouvoir au profit des banquiers et des grands patrons, l'Internationale du Capital, qu'importe le résultat des urnes ! Le changement ne viendra jamais parce que j'aurai glissé mon bulletin ou appuyé sur un bouton. Même l'extrême-droite qui fait si peur aux démocrates serait contrainte d'obéir aux lois du marché... F. s'offusqua de la comparaison, anti-racisme oblige. Je rappelai le discours de 1991 de Chirac :
« Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur [rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. »
Je pense plutôt au vacarme que doivent endurer ceux qui habitent le long du boulevard périphérique, de la voie ferrée, près des pistes de l'aéroport, au centre-ville. Pire, certaines villes, selon les vents, respirent l'œuf pourri de l'usine à papier, le vomi de chat des éponges Spontex, le brûlé des poulets grillés en batterie, etc. Sont-ce les mêmes qui subissent la musique arabe, les jeux des enfants et les parfums de l'Orient ?
J'ignore sincèrement ce que je ferai le 22 avril 2012. La tentation est grande d'exprimer mon désaccord avec la supercherie et d'aller manifester mes choix directement dans la rue. C'est ce que suggère la dernière pub de Chanel en quatrième de couve de Libé, non ? Tout est récupéré, broyé, digéré, transformé en spectacle. Qu'attendent pour se soulever ceux qui n'ont rien ? Le jasmin est un parfum de jeunes, une fleur qui fait du bruit.

jeudi 1 septembre 2011

L'usure de la Banque Postale


Pour dépanner un ami coincé chez lui qui devait faire parvenir d'urgence de l'argent à son fils je suis allé faire la queue à la Poste. L'astuce consiste à envoyer du liquide instantanément par "mandat urgent cash". Ayant écrit le nom du destinataire et justifié de mon identité j'ai dû m'acquitter d'un taux usuraire de 16% pour faire transiter le liquide d'un département à l'autre ! 92,80 € pour les 80 attendus. Déjà que je ne portais pas La Poste dans mon cœur depuis que son activité principale est devenue bancaire sa commission pour dépanner ses usagers m'a fait bondir au plafond, d'autant que ce sont en général les classes défavorisées qui y ont recours. Le fiston n'eut plus qu'à présenter sa pièce d'identité et le numéro que je lui ai téléphoné pour toucher son oseille. Quel service coûte tant dans cette transaction ? Et moi qui me plaignais des grandes banques !
En ce milieu d'après-midi mères de famille, chômeurs et petits vieux ont failli en venir aux mains à cause d'une personne qui avait grillé la queue. Les préposés sous pression préféraient ne rien entendre. Quel que soit le quartier, aller à la Poste vous fait plonger dans la réalité sociale comme prendre le métro ou se promener à dix heures du soir. J'avoue préférer acheter mes timbres sur Internet, faire du vélo et choisir les coins où une épicerie berbère est ouverte tard. Et puis, surtout, si je ne me mets pas en colère je me force à sourire, quitte à avoir l'air d'un fou. Cela ne coûte rien.