Jean-Jacques Birgé

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lundi 23 septembre 2013

Schnock c'est rock'n roll


Je suis dans mon bain. J'ai toujours pris des bains. Dans un entretien avec Jazz Magazine de janvier 1978 nous écrivions "le quotidien, stade ultime de la jouissance, comme dans un bain très chaud" et nous avions demandé que le maquettiste barre très à la main et le remplace par trop. "Comme dans un bain trop chaud." J'ai pris le numéro 8 de la revue Schnock que son rédacteur en chef, Laurence Rémila, m'a donné. J'adore lire dans le bain. Cela m'oblige à y mariner au lieu de sortir tout de suite, pas à cause de la chaleur, mais parce que je m'y ennuie de ne pouvoir bouger. J'ai beau aimer l'eau ce n'est tout de même pas comme la mer ou l'océan. Alors là je lis Schnock. Au bout d'un moment mes lunettes sont couvertes de buée, mais je continue à lire. Et puis le bain refroidit, mais je lis toujours Schnock. Lorsqu'il est devenu froid j'ai failli glisser parce que je n'avais pas lâché la revue des yeux. J'ai enfilé un peignoir, je me suis allongé sur le divan et j'ai fini Schnock. C'est comme les cons, pour être un vieux schnock il faut commencer jeune.
J'ai donc dévoré "la revue des Vieux de 27 à 87 ans" qui ne s'embarrasse d'aucun préjugé pour sonder le passé avec les yeux de jeunes journalistes relatant une époque qu'ils auraient manquée. Il y a donc du sexe, de la drogue et du rock'n roll, ou plus exactement il y en a aussi, et de la pomme ! Le long des 176 pages de cet épais bookzine petit format les entretiens ne mégotent pas sur la longueur, et quel que soit le sujet je suis surpris de m'y intéresser parce que lorsque l'on prend le temps d'interroger des personnalités que les autres revues ne nous rabâchent pas à longueur d'année on voit le monde d'un autre œil. Le comédien Pierre Richard revient sur ses films, le dessinateur Philippe Druillet parle à Charles Berberian, François Jouffa et Geneviève Leroy évoquent la revue de charme lancée par Claude François, on a le droit aux confessions d'Auguste Le Breton, aux vies du compositeur Mort Shuman, de l'homme de radio Georges Lang et l'écrivain Gore Vidal, mais quand le producteur Eric Van Beuren raconte Téléchat qu'il avait créé avec Henri Xhonneux et Topor je n'ai plus qu'une idée, me replonger au plus vite dans cette série délirante de marionnettes où le chat Groucha dialogue avec son micro Mikmak, Lola l'autruche avec le fer à repasser Duramou, et le Gluon avec la fourchette Raymonde et la cuillère Sophie. Et puis nos journalistes ont envie de savoir, une soif inextinguible de ce qui s'est passé avant et peut-être histoire de comprendre comment on en est arrivé là ? Ce sont des fouineurs et ils aiment le soufre, un disque hot de 1976 de Nanette Workman, le film-culte anglais Withnail and I que m'avait conseillé Gary May, les nouvelles de Rachilde et Homem Christo Au seil de l'enfer, le Bissell (!) et une photo de Jean-Pierre Léaud époque de La chinoise. Les précédents numéros avaient en couve Jean-Pierre Marielle, Amanda Lear, Jean Yanne, Daniel Prévost, Gainsbourg, Miou-Miou...
Pour son premier numéro Rémila était venu m'interviewer sur ma collaboration avec Michel Houellebecq, mais, ayant perdu l'iPhone sur lequel il avait enregistré, l'article n'est jamais paru. Alors un grand merci au flûtiste Jocelyn Mienniel, fan total de Schnock, c'est de son âge, qui m'a rappelé l'existence de cette revue au succès imprévisible.

jeudi 19 septembre 2013

Au chevet de l'Europe


Prenez votre courage à deux mains, un marathon nous attend. Une amie octogénaire devait se faire opérer à l'Hôpital Ambroise Paré de Marseille, mais jumelé avec l'Hôpital Paul-Desbief, les deux sont remplacés par l'Hôpital Européen, un établissement privé qui serait en voie de cotation boursière. Avis donc aux spéculateurs de tout poil !

Notre amie appelle pour prendre rendez-vous, tapez 1, musique, tapez 1, sique, tapez 3, etc. , le standard est saturé, impossible de joindre le nouvel hôpital. Bien qu'elle soit handicapée avec son pacemaker, elle se résout à traverser la ville pour qu'en définitive on lui remette un simple questionnaire médical. Rentrée chez elle, elle épluche la page 1, la 2, la 3, tiens ça saute directement à la page 5 ! Il manque une page. Le lendemain elle reprend le chemin du métro. On lui donne un nouveau questionnaire avec, cette fois, le fascicule de conseils, ça peut toujours servir !

Convoquée un dimanche entre 15h20 et 15h30 en vue d'une opération sévère, c'est qu'elle est anxieuse et cardiaque, l'un peut expliquer l'autre, elle monte à l'accueil situé au quatrième étage. En l'absence de ticket d'arrivée numéroté, c'est la foire d'empoigne : il n'y a qu'une seule personne au guichet pour deux salles d'attente bondées et une quarantaine de personnes débordant dans le hall. Le personnel est dévoué, mais pas assez nombreux. Une infirmière explique qu'elle fait 8h-20h, soit douze heures d'affilée sans aucune pause ! Arrivée en avance, anxieuse de la précision de la convocation, notre amie est enfin reçue à 17h. Comme c'est le bordel intégral elle se fait engueuler par des patients qui pensent qu'elle grille la queue. La tension est extrême.

On lui explique que l'hôpital étant non conventionné sa mutuelle couvrira néanmoins le complément pour une chambre simple. Comme les chambres ont deux lits on lui facture donc le double puisqu'elle y sera seule ! 80 euros, mais pour ce prix-là vous n'avez pas vue sur la mer. Les prix sont variables selon les prestations. Pas de téléphone branché et le portable ne passe pas, c'est pratique. Sa feuille de soins précise qu'elle ne doit manger ni crudités ni laitage, on lui sert donc une quiche aux poireaux, du fromage blanc et une salade verte ! On lui explique que l'anesthésiste qui la réveillera ne sera pas le même que celui qu'elle a rencontré...

Son opération est prévue le lendemain à 8h au bloc. On vient la chercher à 10h. Le temps passe. Vers 14h, direction la salle de réveil. Cela ne veut pas dire que ce soit terminé, pas du tout, ils vont pouvoir commencer. Il est prévu qu'elle soit sortie d'opération à 17h30, ses amis attendent le chirurgien qui se pointe à 19h30. Comme il était prévu qu'elle soit opérée tôt le matin, qu'elle ne répond pas au téléphone et qu'ils n'ont pu avoir aucune information ils sont persuadés que cela a mal tourné et qu'elle est morte à cette heure-là ! Mais non, tout s'est bien passé. Je dois être mauvaise langue. On peut pourtant s'attendre à tout. Une amie médecin avait trouvé plus prudent d'écrire directement au feutre sur sa peau "Ceci n'est pas la hanche à opérer" et sur l'autre "C'est la hanche à opérer". On ne sait jamais.

Enfin, ce n'est pas terminé. Un ami qui l'attend décide de retourner à sa voiture. Les couloirs semblent longs de 200 mètres. Il faut descendre au rez-de-chaussée. Il appuie sur le 0 de l'ascenseur, les portes se ferment, la cabine ne bouge pas. Il insiste. Une information s'allume : "appel désactivé". Il tente d'appuyer sur 2e étage ! Rien. Il ne reste plus que l'alarme, mais ça la fiche mal dans un hôpital. Appuyons sans forcer. Rien. Personne. Il insiste de plus en plus. Vraiment personne ? Bloqué, il tente le 1, le 2, le 3, le 4. "Appel désactivé" s'affiche chaque fois. Enfin quelqu'un répond pour lui poser des questions préalables d'une urgence extrême : votre nom ? Votre numéro de portable ? À 81 ans cela n'a rien d'extraordinaire de ne pas s'en souvenir. Il attend patiemment le technicien. Tout à coup les lumières s'éteignent. Dans l'obscurité totale il finit par s'asseoir par terre. Au bout de 45 minutes la porte s'ouvre enfin. C'est le neveu de notre amie qui vient d'appeler l'ascenseur : "Mais tu es encore là ?" Explications rapides... Ils prennent évidemment un autre ascenseur et appuient sur le 0 : "appel désactivé". Notre ami exténué a le temps de crier : "Sors vite !" Les voilà tous les deux dans l'escalier de service. Labyrinthe de couloirs et de salles désertes. Ils croisent enfin quelqu'un. C'est un très vieux monsieur qui s'est perdu. Plus loin des membres de l'hôpital : le personnel ne sait pas où est la sortie !? Nos deux héros finiront tout de même par la trouver. Il ne faudrait pas que j'abuse de votre patience, ça commence à être long !

Comme j'ai l'habitude de vérifier mes sources je googlise l'Hôpital Européen, ce complexe de 600 lits, pour avoir la surprise de trouver aucun site web sous les liens indiqués. C'est incroyable, mais leur site est en panne ou n'est pas terminé. Je vous laisse conclure.

lundi 9 septembre 2013

Culture des élites et culture des masses


Une fois n'est pas coutume. J'ai pris la liberté de recopier un extrait du premier chapitre du livre Le XXe siècle à l'écran (Ed. du Seuil) écrit en 2002 par Shlomo Sand sur les rapports du cinéma et de la politique. Si l'historien rapproche les sujets des films de ceux qui ont marqué le siècle, à savoir la formation des démocraties, la Première Guerre Mondiale, la naissance du communisme, l'avènement des crises économiques, le fascisme et le nazisme, la Guerre froide, le colonialisme et la décolonisation, j'ai plus été intéressé par son introduction et sa conclusion. Pour un cinéphile sa lecture des films n'apporte pas grand chose, mais son regard distancié d'historien est aussi passionnant que dans ses ouvrages plus récents comme en particulier Comment le peuple juif fut inventé. L'extrait aborde un sujet cher à tous les créateurs qui rêvent de rencontrer leur public en faisant tout pour le déstabiliser !

L'un des phénomènes les plus marquants liés à l'avènement de la démocratie pluraliste en Occident — où les élites politiques dépendent désormais du vote majoritaire — est l'émergence d'une large culture de masse. Le suffrage universel eut pour corollaire l'instruction obligatoire et la création d'institutions d'enseignement général, condition de la formation d'un citoyen conscient de son appartenance au nouvel État-nation. Par ailleurs, la deuxième révolution industrielle modifie radicalement les besoins culturels des foules. Lentement, mais de façon constante, cette révolution va changer le mode de vie des populations en Europe occidentale et en Amérique du Nord et permettre à la démocratie nouvelle de prendre racine.

La consommation de masse engendre la production accélérée et en grandes quantités. La technologie industrielle s'adapte à la distribution de produits uniformes, bon marché et rentables qui vont désormais dicter les modes de la nouvelle consommation. Des maisons, des rues, des chaussées, des véhicules privés et publics, des habits qui s'usent et se démo- dent, des journaux illustrés, des romans-feuilletons — autant de produits qui constituent désormais ce nouveau tissu matériel et culturel issu d'une activité industrialisée.

La modernité culturelle qui accompagne la modernisation technologique est donc bien une culture de la copie par excellence, puisque le moyen le plus efficace de produire vite et bon marché est de copier. Ainsi, la majorité des produits offerts aux masses est forcément des produits d'imitation et de reproduction. La culture démocratique est fondamentale- ment une culture de représentations uniformes, de signes et de symboles semblables, bref, une culture de consommation uniforme, qui modifie aussi les perceptions visuelles et les goûts esthétiques. Cette culture de la copie a caractérisé le xx' siècle et a entièrement remodelé la sphère de vie des humains. Les changements furent si rapides qu'il n'est pas exagéré de dire que le monde a changé plus vite durant les cent dernières années que durant les deux mille ans qui les ont précédées.

La réaction d'une partie des élites culturelles — en particulier celles préposées à la production culturelle à l'intention des classes supérieures — fut fort intéressante et pourra aider à mieux comprendre par la suite la spécificité du cinéma. Face à cette culture moderne de la copie qui s'affirme et se propage, naît en fait une nouvelle culture élitiste. En art comme en littérature, apparaissent à la fin du xix' siècle des courants qui se voient bientôt qualifiés de culture « moderniste ». De l'impressionnisme et du symbolisme jusqu'au surréalisme et au roman du «monologue intérieur » en passant par l'expressionnisme et le futurisme, les artistes de l'avant-garde se mettent à produire une culture aux formes tout à fait étonnantes. Il est vrai que dans un premier temps les élites sociales et économiques ne furent pas enthousiasmées par ces innovations et continuèrent à «consommer » les œuvres prémodernistes, comme le bon vieux néoclassicisme ou le romantisme de la première moitié du xix' siècle. Bien vite, cependant, elles se nourrirent de ces nouvelles formes artistiques et devinrent les consommateurs avides de la révolte moderniste dont elles étaient, en fait, les cibles. On peut constater, non sans une certaine ironie, que l'hostilité des modernistes à l'égard de la bourgeoisie n'a pas empêché celle-ci de se les approprier.

Il est difficile de définir précisément le dénominateur commun de toutes ces formes de modernisme qui ont régné sur la « haute » culture des cent dernières années. Du point de vue des idées comme du style, il existe des différences fondamentales entre un tableau de Paul Cézanne et une peinture de Salvador Dali, entre un poème de Stéphane Mallarmé et un roman de James Joyce. Est-il possible d'ailleurs de comparer des formes d'expression aussi variées ? Et pourtant, à un haut niveau d'abstraction, il est permis d'avancer qu'une quête éperdue de l'originalité unit tous ces courants dits «modernistes». Le besoin d'unicité et d'originalité de l'artiste est au cœur même de cette nouvelle culture.

De ce point de vue, le modernisme culturel apparaît comme l'antithèse par excellence de la culture moderne de masse, c'est-à-dire comme un phénomène antimoderne par essence. Ce n'est pas un hasard si cette recherche du spécifique, du personnel et de l'extraordinaire qui caractérise le modernisme a lieu alors que débute une période où la plupart des produits sont des copies et des reproductions, et sans doute exprime-t-elle dès lors une nouvelle sensibilité. Sans doute aussi, cette aspiration à l'unicité a-t-elle permis à l'intellectuel élitiste et au bourgeois moderne de clarifier et d'approfondir leurs propres formes de conscience et d'autoperception. Toutefois, il n'est pas faux de voir dans le modernisme une réaction élitiste de classe, dont le but est de se singulariser vis-à-vis de la nouvelle culture de duplication destinée aux masses. Pour créer une anti- thèse à cette culture démocratique de la copie, l'original et l'unique deviennent désormais l'aune à laquelle on jugera le niveau, la qualité et même la beauté d'une œuvre.

lundi 2 septembre 2013

Puissance de feu américaine


Gérard Terronès m'ayant signalé un article de Jazz Magazine sur la mort de Bernard Vitet j'ai pédalé jusqu'au marchand de journaux pour acheter le numéro de septembre. Philippe Carles y évoque Un autre virtuose en le comparant à Miles Davis, son modèle, et Chet Baker avec qui il joua six mois à deux trompettes, certains affirmant que Chet modifia son style après cette collaboration. Les trois quarts de l'article font référence au premier quart de la carrière de mon camarade, chacun contant l'histoire selon la sienne propre, et Carles relate son siècle avec toujours autant de classe que de sincérité.

Comme j'ai plusieurs fois attaqué cette revue pour sa préférence à enfoncer les portes ouvertes par l'armée américaine plutôt qu'à défendre la jeune génération des artistes hexagonaux, je me suis plongé dans sa lecture studieuse et constaté qu'en effet les 10 pages consacrées aux Français font difficilement le poids contre les 60 des anglo-saxons. N'ayant pas tenu compte de la publicité je n'en ai pas moins fait le rapport avec le contenu rédactionnel, mais aucune publication ne peut résister aux pressions de ses annonceurs, d'où l'importance des médias qui s'en passent comme Médiapart, ou dans le secteur abordé aujourd'hui Le Journal des Allumés du Jazz.

Le dossier sur John Zorn qui fait la couverture et occupe à lui seul 32 pages est particulièrement bien fait. On sait la difficulté à convaincre le New Yorkais à se livrer en interview. Contournant l'obstacle, David Cristol interroge le guitariste Marc Ribot et quelques autres musiciens, tandis que Stéphane Ollivier recueille le témoignage du producteur Jean Rochard, l'un des premiers à avoir mis le pied à l'étrier au compositeur-saxophoniste ; il demande aussi au jeune Antonin-Tri Hoang de commenter le jeu du souffleur sur quatre disques choisis. Pascal Rozat qui supervise l'ensemble, secondé par ces deux-là plus Lionel Eskenazi, classe l'œuvre en dix sections regroupant les albums majeurs de l'imposante discographie : Impro (pas si) libre / Zornifications / Cinéma à la carte / Naked City : Peur sur la ville / Cris d'orfèvres / Radically Jewish / Easy Zorning / Initiations rituelles / Contemporain / Les inclassables. Il faudrait ajouter le concert de louanges qui accompagne ce dossier sans aucune distance critique, car si les chefs d'œuvre abondent, il y a tout de même un paquet de ratages et de roueries opportunistes.

L'équivalent européen de Zorn est inimaginable tant l'investissement financier est disproportionné. Entendre qu'il est difficile de lutter contre la force de frappe des banques et des fondations politiquement insidieuses qui soutiennent tant son travail de créateur que de producteur (Tzadik). Ici comme ailleurs, les institutions étatsuniennes savent que l'art est un pied dans la porte à l'exportation et que l'industrie culturelle est l'avant-garde de leur impérialisme. La promotion de la moindre de ses marges est un pion essentiel dans le jeu de go que livrent les États-Unis avec le reste du monde. Que les journalistes de notre pays ne tempèrent pas ce déséquilibre économique est de l'ordre de la collaboration. Raison pour laquelle je mettais récemment en valeur Les Affranchis, des dizaines de jeunes artistes locaux qui, pour certains à talent égal avec les meilleurs Américains, n'auront jamais les moyens de promouvoir leur travail et donc ceux de créer des œuvres à la mesure de leur ambition. Une œuvre comme celle de John Zorn est impensable en dehors des USA car pour s'épanouir elle nécessite d'une part des financements importants et d'autre part une communication cohérente, communication que leur offrent, le plus souvent gracieusement, les médias étrangers fascinés par le modèle d'outre-atlantique. Ceci est valable pour la musique, le cinéma, la littérature, les arts plastiques, etc. Sans la collaboration servile ou aveugle d'une partie d'entre nous cette inégalité des chances se perpétuera à moins que la résistance solidaire s'organise et remette les envahisseurs à leur place, soit un partage qui n'exclut personne, mais revalorise tous les terroirs sans exclusivité ni favoritisme exacerbé. Et que l'on ne s'y trompe pas, j'apprécie les artistes étatsuniens comme les autres.

Le reste de Jazz Magazine évoque, entre autres, la triste disparition de deux autres musiciens que j'ai beaucoup applaudis, George Duke et Alain Gibert, et la tournée de l'ONJ au Maroc (concert unique le 28 septembre à l'IMA). Il y a de belles photos, de grands écarts chronologiques dans les disques chroniqués et des annonces de concerts tels celui qui rendra hommage à Bernard Vitet le 16 septembre à La Java.