Jean-Jacques Birgé

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samedi 26 avril 2014

La presse et le Mathon


Depuis quelques années je ne blogue plus le week-end, mais me faire taxer d'agressivité parce que je corrige le blog de Pierre Mathon qui annonce la mort d'un vieux monsieur toujours bien vivant me fait sortir de mes gonds !
Sur son FaceBook l'ancien responsable des Verts de Bagnolet, récemment exclu pour avoir soutenu le candidat socialiste aux municipales, renvoie à son blog quotidien qui a le mérite de relater la vie de la commune et l'inconvénient de raconter n'importe quoi avec la plus grande mauvaise foi, surtout lorsqu'il s'agit de politique. Il est certain que recopier servilement ce qu'écrit Le Parisien, journal à la solde du Parti Socialiste, ne peut qu'apporter ce genre de déconvenues. C'est chaque fois une leçon de tricotage de l'information qui vaut son pesant de cacahuètes. Ainsi je suis estomaqué de lire les commentaires de Mathon complétant l'article de M.-P. B. (Marie-Pierre Bologna ou Mathon-Pierre Bagnolet ? C'est drôle, non, puisqu'on est dans les inversions ?) intitulé Bagnolet : un retraité décède dans l’incendie de son pavillon que je recopie ici :

Un homme âgé de 86 ans est décédé, dans la nuit de jeudi à vendredi, dans le début d’incendie de son pavillon, situé rue Louis David à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). C’est une cigarette mal éteinte qui a mis le feu au domicile. Le vieil homme, connu dans la ville pour ses talents de joueur de cornemuse, s’est endormi au rez-de-chaussée de sa maison, une cigarette non terminée près de matières inflammables. Le vieux monsieur est mort étouffé dans son sommeil par les émanations toxiques. Par chance, un ami qui lui a rendu visite et qui est resté dormir, au premier étage de la maisonnée, a pu réchapper au début d’incendie. Il a donné l’alerte aux pompiers qui ont pu éteindre le feu rapidement.
Et Pierre Mathon de résumer la vie de Roger Balabau, leur différent politique, et de faire chanter Le vieux Léon à Georges Brassens pour l'envoyer visiter les vignes du Seigneur !

Sauf que la journaliste prétendue a tout inversé.

Je commente donc illico le billet de Mathon :
"Je viens de t'envoyer un message sur ton blog, car l'info est totalement erronée, c'est même raconté tout à l'envers. Roger est bien vivant. Il dormait au rez-de-chaussée et, constatant de la fumée au 1er étage, a tenté d'ouvrir la fenêtre (!) et sans succès (!) a appelé les pompiers. Un ami qui l'aidait à ranger sa maison s'était endormi une cigarette au bec et a mis le feu. C'est lui qui est décédé asphyxié. Si tu passes rue Louis David tu pourras constater que le 1er a été ravagé par les flammes, et le rez-de-chaussée est noyé suite à l'intervention efficace des pompiers vers 4 heures du matin. Je ne sais pas qui t'a raconté l'histoire, mais c'est n'importe quoi. Bien à toi, jjb"

Mathon répond à son tour :
Je viens de rectifier l'info que j'avais repris sur le parsien, dès que j'ai appris que Roger n'était pas mort. Et il ajoute Merci pour la rectif, mais ton ton agressif est déplacé !

Elle est bonne celle-là. Le Mathon assassine par voie de presse un retraité de 86 ans au risque de choquer ses proches et ses amis qui ne sont pas forcément au courant de l'incendie de la nuit de jeudi à vendredi et il me taxe d'agressivité parce que j'ai le malheur d'écrire que celle (ou celui !) qui a rédigé cette nécrologie douloureusement prématurée a raconté n'importe quoi ! Comme je lui en fais la remarque il l'efface aussitôt sur son FaceBook. C'est bien la question de la paranoïa que d'accuser son prochain de ce qui vous trotte dans le ciboulot, et en matière d'agressivité il faut avoir lu les allégations de Mathon contre ses anciens amis politiques devenus ses adversaires... Pitoyable réaction d'un tricoteur, mais l'important c'est que le vieux monsieur, évidemment très affecté par l'état de la maison où il vit depuis 83 ans, va bien (même si Pierre Mathon écrit dans son rectif sans un seul mot d'excuse : Roger Balabau n’est pas mort !

 Il n’est cependant pas en très bon état, suite au début d’incendie qui s’est déclaré dans son pavillon et qui a provoqué le décès d’une personne qui y passait la nuit.

 Rassurez-vous, Roger Balabau est pris en charge et est actuellement en de bonnes mains.

J'espère que ce quiproquo sordide fera rire le vieux monsieur qui en a bien besoin au milieu des décombres, et malgré la mort de la personne à qui il pensait rendre service en l'hébergeant cette nuit-là et qui lui avait promis de ne pas fumer au lit. Comme quoi, ne pas croire tout ce que la presse aux ordres écrit et tenir ses promesses !

mardi 8 avril 2014

Arnaque contre arnaque


Fin 2010 j'avais bien travaillé, ou plus exactement "gagné ma vie" car les artistes savent faire la différence entre travail et salaire (mes activités me prennent en effet 15 heures par jour, mais rares celles qui sont rétribuées !). J'en ai donc profité pour acheter une voiture neuve. Âgée de 25 ans l'Espace est partie direct à la casse. Ainsi après étude appliquée et quarante ans de bonne conduite, tant la presse que les vendeurs automobiles m'ont prescrit ma première voiture au diesel en insistant sur son caractère économique et écologique. Lancé en 2007, le label eco², toujours affiché sur le pare-brise arrière, était censé définir trois critères écologiques en termes de fabrication, d’usage avec les émissions de CO2 et de recyclage.
Dès la prise en main nous eûmes quelques doutes en sentant les émanations de gaz qui s'échappaient à l'allumage. Depuis, le discours écologique s'est inversé. Hier le journal Libération titrait "Sus au diesel" en détaillant les inconvénients meurtriers de cette source d'énergie. Nous qui étions fiers de moins polluer rejoignions la foule des criminels. Comme si les laboratoires découvraient soudainement l'existence des particules fines qui participent à mes crises d'asthme ! L'industrie automobile étant un lobby hyper-puissant prêt à tous les mensonges comme celui du tabac, comment discerner le vrai du faux ?
Les règles de santé s'affinent-elles ou le parc automobile étant arrivé à saturation il est profitable de le changer pour que les usagers soient obligés de racheter une nouvelle voiture ? On va interdire les cheminées à bois et les barbecues, mais on laisse les diverses industries polluer dans les grandes largeurs. On nous a fait le coup plus d'une fois : les ampoules économiques dix fois plus chères que les ordinaires se sont avérées encore plus toxiques, irrecyclables, et pas plus durables, les CD étaient censés être inusables et dynamiques, les ordinateurs deviennent incompatibles à vitesse V, les médicaments se révèlent dangereux lorsque se pointent les génériques sur le marché, etc., sans compter les haros sur la viande, le poisson, les fruits, les légumes selon les époques ! L'intoxication n'est pas seulement dans l'air que nous respirons, elle est aussi dans l'air du temps. Lorsque la population est entièrement équipée d'une machine l'industrie lance aussitôt un nouveau produit, incompatible avec les précédents qu'elle se déclare incapable de réparer. Pour la plupart des matériels les lois européennes fixent à cinq ans l'obligation pour un constructeur de fournir les pièces de rechange ! De qui se moque-t-on ?
Comme l'obsolescence programmée la réglementation de nouvelles normes est affaire de marketing planifié de longue date. Où se situe l'arnaque ? Lorsque l'on m'a vendu mon véhicule au diesel écologique ou lorsque l'on m'intime l'ordre de revenir à l'essence ? Il est à craindre que les deux soient vrais. L'industrie automobile formate nos vies en façonnant nos villes et nos campagnes. Le bitume et le ciment sont les rois du pétrole. La nature dont nous faisions partie disparaît peu à peu. En privilégiant le véhicule individuel et la route à tout autre moyen de locomotion collectif le lobby automobile influe sur nos us et coutumes, sur nos manières de penser et d'être ensemble. On nous interdira le purin d'ortie, de planter des graines d'espèces rares ou de se faire griller un poulet à la broche dans son jardin, pendant que l'on nous fera changer encore combien de fois de polluant pour voyager ? On apprendra bientôt à la une des journaux comment le solaire, l'électricité ou les éoliennes n'ont pas que des avantages... Une seule solution, laisser le plus souvent sa voiture au garage et pour être certain de ne pas aller respirer les émanations toxiques des autres en pédalant dans le brouillard, rester chez soi, et pourquoi pas, s'enfermer dans sa bagnole, car il faut bien trouver un moyen de la rentabiliser en la recyclant...

mardi 1 avril 2014

Je ne comprends rien à la politique


Je ne comprendrai probablement jamais rien à la politique, entendre aux choix de ceux et celles qui nous gouvernent et nous envoient régulièrement dans le mur. Lorsque la droite menace, pourquoi la gauche va-t-elle dans son sens au lieu de prendre la tangente ? Comme les Communistes avaient dissous leur idéologie dans le Programme Commun, à leur tour le Parti Socialiste se fond dans des revirements sécuritaires et austéritaires. Or jamais ils n'arriveront à battre la droite sur leur terrain. Ils leur courent lamentablement après au lieu de proposer des alternatives intelligentes. Essayez donc de vous débarrasser de la stupidité en devenant stupide ! N'avoir fait ni l'ENA ni Sciences Po me rend idiot devant l'absurdité des hommes.
Je n'imagine évidemment pas que les membres du PS soient des gens de gauche, mais ils ont au moins parfois mauvaise conscience à poursuivre des politiques de droite. Manuel Valls n'aura probablement pas ce cas de conscience, le président l'engageant pour qu'il fasse ce que les Français attendent, du moins tel que les médias leur suggèrent de penser. Le spectacle commence à 20 heures. Nous vivons dans un monde S.M. où les électeurs se déguisent en lapins et où il suffit aux dominants de simuler pour que tout le monde y trouve son compte. Comme si perdre était un luxe !
Je suis un peu triste, mais n'allez pas croire que je sois catastrophé de voir ma ville en proie à des serres aussi acérées que celles du maire sortant, j'ai toujours perdu au jeu de la démocratie, pitoyable mascarade qui laisserait penser que nous choisissons nos représentants. Je pense seulement aux couillons qui n'ont pas bougé leurs fesses pour empêcher les partisans de l'austérité de prendre leur cité d'assaut et risquent de le regretter lorsqu'ils devront quitter leur HLM cette fois avec leurs meubles. Comment pourront-ils honorer l'offre qui leur sera faite d'acheter leur appartement de 50 m² qu'ils louaient jusqu'ici 500 euros lorsqu'il sera vendu au privé pour résorber les dettes municipales ?
Rien d'étonnant à ce que Bagnolet passe entre les mains d'un baron de Bartolone, ils ont suffisamment arrosé le terrain pour que ça paie. Il est instructif de regarder quelles associations furent "subventionnées" par la réserve parlementaire du député Razzy Hammadi, c'est officiellement publié. Mais il y a pire. Tous les partis ont participé à l'hallali lancé contre les communistes en commençant par leur ancien dirigeant, le maire sortant qui se frotte les mains d'avoir barré la route à son ancien premier adjoint, revanche minable d'un malade consistant à faire tomber la ville dans l'opposition. Après moi le déluge... Les voix non reportées de Lutte Ouvrière et du Parti Ouvrier Indépendant auraient évité le casse-pipe. Qui parmi tous les candidats se préoccupait réellement du sort de la population ? Pas compliqué, le seul qui n'avait pas rêvé de l'être. À quoi rime de faire bande à part si c'est pour laisser la ville entre les mains d'un nouvel Everbecq ? L'ambition personnelle de la candidate Vert qui se rêvait mairesse et rien d'autre ("on n'est tout de même pas du même niveau !") a empêché la moindre discussion avec la liste PCF-PG alors qu'elle ne s'interdisait pas les contacts avec le PS et, pire que tout, avec les social-traîtres de la liste de Mohamed Hakem qui ont rejoint les socialistes au second tour alors que leurs engagements étaient diamétralement opposés. À quoi rime de jouer les révolutionnaires si c'est pour s'associer au parti de l'austérité ? Tous portent la responsabilité du sort que di Martino réserve à nos concitoyens. Conservez précieusement son programme que l'on aille bientôt en débattre devant le Conseil Municipal, car comment peut-on croire une seconde à son application ? Même nous avions des traîtres jusque dans nos rangs, mais peut-être l'ignoraient-ils eux-mêmes ? Pendant cette campagne j'ai aussi rencontré des personnes formidables, des êtres moraux dont je ne partage pas forcément les idées, de vrais amis. La ville est une fractale de la nation, elle-même aussi absurde que ce qui se trame à l'échelle de la planète. Je ne comprendrai jamais rien à la politique. Nous allons droit dans le mur, socialement, humainement, écologiquement, et tous regardent passer les trains sans moufeter. Pourquoi la plupart des gens votent-ils contre leurs intérêts de classe ? Quelle culpabilité les guide ? Irons-nous nous noyer tous ensemble avec les lemmings ? Quelle terrible catastrophe attendons-nous pour nous élever contre les puissants qui nous manipulent ?
Poisson d'avril ! Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et ce grâce à nous, à chacune et chacun d'entre nous. Car tous ensemble nous accomplissons des miracles. C'était une blague. Je me réveille et la planète est comme je l'avais rêvée à la fin des années 60, pleine de fleurs et d'amour, de justice sociale, d'égalité, de fraternité et de liberté, une époque révolutionnaire où tout semble possible. Peu importe que je ne comprenne rien à la politique. Ah que la vie est belle !