Jean-Jacques Birgé

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lundi 22 août 2011

Ella et Pitr collent en Arles


Françoise a commencé à tourner le petit film qu'elle réalise sur les papierspeintres Ella et Pitr. Nous les avons rejoints en Arles où ils collaient de grands cadres incitant les passants à se photographier devant et à leur envoyer le résultat pour publication sur leur site. La vente des dessins, affiches ou pavés illustrés les autorise à continuer d'offrir leurs œuvres à la rue. Neuf cents personnes leur ont déjà répondu, photo à l'appui. Dans notre quartier le cadeau qu'il nous firent avait provoqué une rixe avec les sorcières qui habitent au fond de l'allée et qui avaient tout déchiré.


Ella et Pitr travaillent à l'avance sur les fins de rouleaux de papier journal récupérés dans des imprimeries. Un coup de balai à colle sur le mur dont les anfractuosités donnent du relief à leurs personnages, un second coup sur l'affiche, et le tour est joué. À chaque station leur fils Piel qui vient d'apprendre à faire pipi tout seul marque son territoire à l'instar de son papa lorsqu'il graphe clandestinement le métro de Naples ou les rues de Tokyo. La gentillesse du couple d'artistes incite les badauds à discuter avec eux lorsqu'ils les croisent...

mercredi 10 août 2011

Ma tante a son site


À 86 ans, créer son site pour une artiste n'est pas une mince affaire. Ma tante Arlette Martin est peintre et marquetiste. Elle est aussi trésorière de la Maison des Artistes où elle est responsable de l'aide sociale, après avoir été en 1986 la première femme présidente de la S.A.D. (Société des Artistes Décorateurs), première association en loi 1901 jamais créée, et secrétaire générale du Syndicat National Professionnel des Plasticiens Créateurs d’Art Mural et Modèle et du Syndicat National des Sculpteurs et Plasticiens. Elle peut enfin présenter son travail, meubles, tableaux, murs, marqueteries, éventails et le faire connaître world widely waouh ! Il y a quatre ans j'ai écrit un texte intitulé Ma tante touche du bois repris en préface d'un livre qui lui est consacré. Mais je suis heureux de découvrir aujourd'hui une partie de son œuvre qui inspira inconsciemment mes jeunes années.

vendredi 5 août 2011

Le quai de Ouistreham et Retour à Reims


Les deux livres parus en 2010 que Françoise m'a conseillés se réfèrent chacun au monde du travail dans une province cruelle où la différence de classes s'exprime sans fard. Dans Le quai de Ouistreham (Ed. de L'Olivier) la journaliste Florence Aubenas décide de se faire passer pour une femme de ménage jusqu'à trouver un emploi en CDI. Avec Retour à Reims (Ed. Fayard) Didier Eribon assume ses origines prolétariennes alors que son coming out n'avait jamais concerné que son homosexualité. La première choisit Caen, le second retourne dans sa ville natale. Si Aubenas s'immerge dans la noirceur de la misère et découvre un monde tu par les médias, Eribon fait surface en cherchant à comprendre la mutation subie par les électeurs communistes tentés par l'extrême-droite. Introspections d'une sincérité absolue, les deux romans sont des pamphlets politiques remarquablement écrits qui en disent plus long sur notre époque que la lecture des journaux au quotidien. Passionnants, teintés d'humour et de mordant, il se lisent comme les meilleures enquêtes policières, parce que la vie est pour beaucoup un simple crime.