Jean-Jacques Birgé

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mercredi 27 février 2008

L'intercon s'encanaillerait-il ?


Musicacreation est "l'espace de découvertes et d'expression sur la musique contemporaine et les activités de l'Ensemble intercontemporain", en d'autres termes son blog. Parmi les thèmes proposés, on trouve Fou. L'intercon s'encanaillierait-il ? Il n'en fallait pas plus pour m'inciter à cliquer, révélant quelques savoureuses vidéos : Peter Aidu jouant seul à deux mains et deux pianos le Piano Phase de Steve Reich (vidéo ci-dessus), Einstein on the Beach de Philip Glass interprété par des personnages en Lego, une version télévisée de 4'33 de John Cage, un extrait du Quatuor pour hélicoptères de Karlheinz Stockhausen... Ailleurs, sous la thématique "Musiques actuelles et Musique contemporaine", Erik M n'est pas nommé pour sa prestation zappante vidéographiée tandis que le texte se limite à "Ce post a-t-il sa place sur ce blog ? À vous de répondre... Attention ça secoue !" Plus loin, Fausto Romitelli répondait en 2001 à Eric Denut : "À mon sens, la véritable distinction devrait se faire aujourd’hui entre une musique écrite et une musique non-écrite..."
Pendant des années, l'Ircam bouda tout ce qui venait des cultures populaires pour défendre les privilèges de classe des tenants de la musique classique contemporaine. Sa surdité se résumait au jeu de mots sur l'"Ensemble qu'entend plus rien" dirigé d'une main de fer par son chef Pierre Boule Quies. La pitoyable 4X finit par céder devant la modulation de fréquence et l'informatique domestique. Passé la programmation "Perspectives du XXème siècle", l'Institut eut bien du mal à produire des œuvres majeures sorties de ses studios face à ce qui commençait à se développer grâce aux home studios. En 1987, défendre avec acharnement les "100 fleurs" contre son monopole avait fait perdre la subvention accordée par la Direction de la Musique au grand orchestre du Drame. Mais l'auto-formation a aussi ses limites et de plus en plus de jeunes musiciens eurent envie d'apprendre d'autres techniques que les leurs. Le secteur pédagogique permit à l'Ircam de se régénérer, libre aux stagiaires de détourner les applications informatiques auxquelles ils ont dorénavant accès. Les écoles sont faites pour cela, ce sont de formidables outils qu'il serait imbécile de bouder, à condition de savoir s'en détacher ensuite très vite.

mardi 26 février 2008

Large Virage de Jean Morières


J'avais trouvé rébarbatives les précédentes couvertures des compact-discs de Jean Morières, peu représentatives de sa finesse musicale. Dans le "blog papier" du prochain Muziq qui sortira en avril, j'ai écrit quelques mots sur son nouvel album, mais je crains que cette fois la taille de sa pochette ne corresponde pas au format de la revue et l'empêche encore d'être reproduite en illustration de l'article. Pourtant, pour Large Virage Jean a mis les bouchées doubles. D'abord il s'est inscrit en faux par rapport au marché du disque en produisant un vinyle, vous savez cette chose noire qui tourne sur son axe à trente-trois tours par minute, avec une dynamique hors pair et des petits bruits de surface. Je ne sais pas si le son est vraiment meilleur en analogique qu'en numérique, c'est un disque de flûte solo, mais il est certain que c'est vraiment plus agréable à tenir entre ses doigts. Ensuite il en a fait presser seulement trois cents exemplaires, mais là où il a passé la vitesse supérieure, c'est en demandant à l'artiste-peintre Marie Warscotte de réaliser cinquante œuvres originales, numérotées et signées, sur les deux faces de la pochette intérieure. On avait coutume d'appeler cela une pochette qui s'ouvre. C'est rudement beau ! On dirait du fusain et du crayon qu'elle a méticuleusement recouverts de ruban adhésif, brillant sur mat du meilleur effet. Le disque tout blanc coûte 15 euros, ça les vaut puisque la musique est originale, raffinée, variée, intelligente et tendre à la fois. Les cinquante exemplaires ornés d'une création originale de Marie Warscotte coûtent 300 euros, c'est cher pour un disque, rien de scandaleux pour une œuvre picturale de cette taille (60x30cm). La vie des musiciens n'est pas facile, mais que dire de celle des plasticiens ? La reproduction que vous pouvez admirer est le numéro 17, l'année d'une révolution, naissance de mon papa. C'est une bonne idée pour lutter contre toutes sortes de monstres marins : le piratage, la mocheté des boîtiers en plastoc riquiquis, la stupide notion de progrès, le cloisonnement des genres, les rapports sclérosés des sons et des images, que sais-je ? On peut écouter ou regarder l'un sans l'autre, ou se faire la totale, commencer par la page blanche du recto, lire les notes de pochette au dos et se laisser porter par le dessin tout en se laissant bercer par la zavrila, cette flûte unique que Jean s'est construite sur mesures.

samedi 23 février 2008

4 compositeurs américains filmés par Peter Greenaway


Je n’ai jamais été très amateur des films de Peter Greenaway, souvent ampoulés et prétentieux, si obsessionnels qu’ils en finirent par être franchement ennuyeux, mais je me souviens avoir adoré une exposition en plein air organisé en Suisse où le cinéaste avait (re)cadré la ville en installant des murs percés d’une ouverture pour obliger les passants à la regarder sous un certain angle, dans un cadre imposé. L’invitation à voir était suscitée par quelques marches à gravir jusqu’au point de vue choisi par l’artiste.
Les Films du Paradoxe ont publié un double dvd intitulé 4 American Composers, regroupant quatre films tournés à Londres par Greenaway en 1983. Philip Glass, Robert Asley, Meredith Monk, John Cage, quatre façons de filmer la musique en suivant le style de chaque compositeur. Les quatre documentaires de 55 minutes chacun ont été tournés un an après le prometteur Meurtre dans un Jardin Anglais. Comme pour la série Cinéma, de notre temps, où un cinéaste fait le portrait d’un autre en en adoptant certaines caractéristiques de style, Greenaway choisit chaque fois une forme cinématographique appropriée à l’univers du compositeur abordé.
Il survole l'Ensemble de Philip Glass en mouvements fluides, plongées et contre-plongées, pour ne pas distraire les musiciens interprétant en public cette musique acoustique amplifiée que l’on appelait répétitive avant qu’elle ne devienne « minimaliste ». Les œuvres de Glass m’ont souvent fait l’effet d’une variétisation de la musique répétitive, dont les rythmes s’opposaient à la narration, à la mélodie et à l’harmonie, mon intérêt se portant plutôt vers le virtuose Steve Reich. Pourtant, ici, Music in Similar Motion, Glassworks et Train/Spaceship, extrait du célèbre Einstein On The Beach qui m’avait emballé lors de sa création dix ans plus tôt, produisent un vertige contrebalançant les propos mercantiles de leur auteur.
Pour Robert Ashley, le cinéaste s’inspire de la forme de l’opéra télévisé Perfect Lives en insérant des cartons où s’inscrivent les mots dits lors des entretiens entrecoupant la prestation scénique et en disposant des écrans cathodiques autour des musiciens interviewés à la manière d’un Nam June Païk. Les deux acteurs, Jill Kroesen and David Van Tieghem, brodent autour de la voix d’Ashley ; les bandes préenregistrées de Peter Gordon assurent une immuabilité permettant au piano de « Blue » Gene Tyranny de s’envoler.
Meredith Monk alterne scènes de concert, ballets filmés et archives pour expliquer sa démarche vocale et théâtrale, seule et en groupe, mais le film le plus réussi est, de très loin, celui avec John Cage, véritable leçon de musique et d’écoute autour de son Musical Circus. Nous assistons à quarante ans compressés sur deux heures à l’occasion du 70ème anniversaire du compositeur dans une église désaffectée et arrangée pour l’évènement. Le film s’ouvre sur la destruction de la « rénovation » dont le bâtiment fut victime tandis que Cage lit un texte sur le son en voix off. Les douze œuvres sont jouées de façon aléatoire, parfois simultanément. Son voyage autobiographique, commenté par Cage lui-même, allie profondeur analytique, anecdotes humoristiques et sensibilité explosive, qu'il introduise chacune de ses œuvres majeures ou se livre au rite de l'entretien. On retrouve là les fondements de tout ce qui se fait aujourd’hui de subversion musicale et les fermants utopiques d’une alternative politique. C’est tout bonnement génial ! Une très grande leçon (tous niveaux).

mardi 19 février 2008

Deux fantaisies sonores : holophoniques et inaudibles


Il y a exactement vingt-cinq ans, j'avais acheté un petit livre passionnant intitulé "Musique et ordinateur", publié par l'Edition du Centre Expérimental du Spectacle. Un chapitre avait particulièrement attiré mon attention, "Les illusions auditives", rédigé par David Wessel et Jean-Claude Risset. L'objet était accompagné d'exemples sonores sur une cassette audio : sons montant indéfiniment, sons descendant de même, ou encore simultanément, paradoxes rythmiques, localisation auditive, etc. J'ai toujours adoré l'illusionnisme et les expériences optiques, collectionnant, modestement, les ouvrages d'anamorphoses ou de stéréogrammes, les livres animés et les expériences hallucinogènes.
Franck Vigroux, avec qui j'ai enregistré tout le week-end, évoqua deux situations amusantes. Nous avions été plongés dans l'écoute des messages du répondeur téléphonique que j'avais enregistrés entre 1980 et 1992, ainsi que dans les affres qu'il fit subir à mes vieux PPG et DX7-SuperMax pour des duos hardcore où ses goûts actuels le mènent depuis une année (prononcer an-née comme dans nouvel an). Nous avions donc besoin d'un peu de récréation au milieu de notre marathon stakhanoviste hypersonique.
J'ai donc été amusé de découvrir les sons en 3D dits holophoniques qui circulent sur la Toile depuis déjà un moment. S'il s'agit de simplement simuler une tête stéréo, il n'y a rien de très nouveau. En 1980, ne pouvant m'offrir la tête Neumann, j'équipai mes oreilles de deux micros miniatures Sony et réalisai des reportages merveilleux, comme si on y était ! J'ai souvent eu du mal à recréer la qualité que véhiculait mon cassettophone portable ainsi affublé, mais c'est encore ainsi que je préfère capter les ambiances. Les sons reproduits ci-dessous me semblent avoir bénéficié d'un traitement un peu plus savant ; la mise en ondes est agencée de façon à donner le son de référence suivi du traitement filtré de son timbre pour donner l'illusion gauche-droite, mais également les notions de haut et de bas, avant, arrière, et ce avec un simple casque stéréophonique.
Équipez-vous donc d'un casque, c'est indispensable, fermez les yeux et écoutez les deux exemples qui suivent (plus 40 mégas de mp3 en téléchargement si cela ne vous a pas suffi)... Rien à entendre avec le 5.1, tout se passe entre vos deux oreilles, et pourtant... L'expérience est étonnante. À vos casques !


La seconde fantaisie concerne les sonneries inaudibles que les jeunes gens entendent, mais pas les adultes ayant dépassé l'âge. Il est si pratique, en classe, de faire sonner son téléphone portable sans que le prof l'entende !

Vous pouvez aussi vous livrer à quelques tests d'écoute pour évaluer votre perte dans les aigus. Je n'ai, quant à moi, pas dépassé les 15000Hz.

L'illustration est une vue latérale de "Même dans les moments les plus calmes", peinture spatiale anamorphique de Louis Chacallis.
Côté images holographiques, vous pourrez jeter un œil aux défilés de mode de Diesel et Alexander McQueen qu'Étienne Mineur a justement mis hier en ligne...

jeudi 14 février 2008

Le chant de la nature (12)


Je regrette de ne pas avoir acheté un petit enregistreur de poche comme celui d'Olivier pour capter les sons des gibbons le matin dans la brume de la jungle, la coquaphonie d'Houeisai, la descente de la rivière, la symphonie nocturne de Nong Khiaw ou des îles du sud. On ne sait pas toujours si ce sont des insectes, des batraciens ou des oiseaux de nuit, mais je reconnais les sons qu'imitent les instruments que j'ai rapportés de mes précédents voyages. Je pourrais m'en délecter pendant des heures. La nature a inspiré la lutherie de tout le sud-est asiatique : crapaud-guiro, castagnettes, rhombes, crécelles...
J'adore la musique qui se joue au loin dans les villages. J'apprécie moins le sirop américanisé que nous imposent des heures durant les conducteurs de bus ou le saxophone gerbant diffusé dans certains bars de Bangkok. Le tempo est immuable, chanson après chanson, la variation semble affecter seulement les paroles qui nous échappent.

Un orchestre typique thaï nous accueille à l'entrée du Mango Tree, sorte de gamelan composé d'un clavier de lames, d'un instrument à cordes frottées, d'un hautbois et d'un tambour. Ici, c'est un ensemble du Laos.

Nulle part je n'entendrai de khen, l'orgue à bouche dont la musique fait irrésistiblement penser à Steve Reich. Je trouve quelques VCD délirants dont un karaoké sur la guerre Laos/Vietnam avec des images d'archives et un autre chanté par des enfants pour le Nouvel An du Rat. Les percussions en métal y explosent... J'achète quelques disques de musique traditionnelle et du rap lao, l'éclate !

Un joueur de hou-kin, le violon monocorde (en fait l'archet est coincé entre deux cordes), fait la manche devant un temple. On entend assez peu de musique pendant tout le voyage. Essentiellement résonne partout le son de la télévision qui ne s'arrête qu'au moment de dormir.

dimanche 10 février 2008

Bernard Stiegler, la musique est la première technique du désir


Nous avons rencontré vendredi le philosophe Bernard Stiegler dans la cadre d'une enquête sur la fonction de la musique aujourd'hui, que Jean Rochard et moi réalisons pour le Journal des Allumés. Il est agréable d'interviewer quelqu'un qui se préoccupe d'abord de ses deux interlocuteurs et du médium à qui il s'adresse et que nous représentons. Bien que nous nous souvenions très bien, et avec plaisir, de son frère Dominique lorsqu'il était journaliste à Révolution, nous ignorions l'attachement au jazz de l'ancien directeur de l'Ircam, de sa passion absolue pour cette musique jusqu'à son emprisonnement pour vol à main armée en 1978. Stiegler eut la sagesse de faire son coming out sur ses activités délinquantes et écrivit Passer à l'acte en 2003 sur ce qui lui permit d'entrer en philosophie. La lecture d'un article passionnant sur la perte de la libido, conséquence de l'uniformisation, écrit pour Le Monde Diplomatique, nous donna envie de l'interroger sur les changements sociaux que la musique peut produire et comment sa fonction se transforme aux mains d'une industrie dont le moteur "essentiel" est le marketing.
Nous sommes surpris par son "optimisme" quant à l'avenir des nouvelles technologies lorsqu'il ne peut imaginer autre chose que l'écroulement d'un système qui a poussé la manipulation jusqu'à l'absurde, par sa désincarnation morbide et ses tentatives d'uniformisation des consciences. Il appelle "s'accaparer" ce que je nomme "pervertir", mais nous sommes d'accord sur la position à adopter face aux machines. Pour lui, l'objet est pervers et nous sommes en charge de le dé-pervertir en trouvant une façon positive de le détourner au profit de l'intelligence, de le pousser vers l'échange. Ainsi, en tapant ces lignes, j'écoute les conférences d'Ars Industrialis au format mp3. Rien ne sert de diaboliser les soubresauts technologiques, il vaut mieux apprendre à s'en servir, tout en restant vigilant sur les dérives de contrôle qu'elles risquent de générer. Le poids de Google est, par exemple, de plus en plus inquiétant.
Bernard Stiegler, actuellement directeur du département du développement culturel au Centre Georges-Pompidou, dirige également l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI) où il nous reçoit. Notre entretien abordera bien des sujets que nous révèlerons dans le Journal qui sortira début avril. Jean se charge de relever et synthétiser l'enregistrement pour l'adjoindre au dossier que nous réunissons. La veille à Ivry, dans le cadre de Sons d'Hiver, eut lieu un débat sur la question : la musique vaut-elle encore le dérangement ? qui figurera aussi, entre autres, dans ce numéro 21. Pour patienter, le plus sage est de vous abonner en envoyant vos nom et adresse aux Allumés du Jazz, all.jazz@wanadoo.fr, pour recevoir directement le Journal chez vous, gratuitement !
Les précédents numéros sont téléchargeables sur le site au format pdf.
Vous pouvez aussi lire les deux derniers livres de Stiegler : Économie de l'hypermatériel et psychopouvoir (entretiens chez Fayard) et Prendre soin (gros bouquin sur la jeunesse à paraître dans quelques jours chez Flammarion).

mercredi 6 février 2008

La musique vaut-elle encore le dérangement ?


Demain jeudi à 17h, débat public proposé par le Festival Sons d'Hiver et Les Allumés du Jazz : "La musique vaut-elle encore le dérangement ?"

"Mort du disque annoncée", "culte de l'Audimat" sont des principes qui envahissent les débats publics en France sur la musique. Il est urgent d'analyser ces notions idéologiques et médiatiques, d'en percevoir la nature et les enjeux réels, pour ne pas subir cette crise, mais devenir les acteurs d'un véritable changement. Et revenir à la question fondamentale : "pourquoi et comment faire circuler la musique aujourd'hui ?"
Interventions de musiciens, représentants de maisons de disques, programmateurs de concerts et autres acteurs de la vie musicale.
Les débats sont ouverts à tous. Venez participer et réfléchissons ensemble.
À lire : "Crise du disque, pourquoi tant de haine" par Olivier Gasnier dans le numéro 20 du Journal des Allumés du Jazz. En illustration, la une d'Efix.

Entrée libre.
Théâtre d'Ivry-sur-Seine Antoine Vitez
1 rue Simon Dereure 94200 Ivry-sur-Seine
Métro : Mairie d'Ivry (ligne 7) Terminus
tél à Sons d'Hiver : Armelle ou Émilie 01 41 73 11 65

mardi 5 février 2008

Mon Tenori-on me ravit


Depuis le temps que je cherchais un nouvel instrument bien loufdingue, je suis servi avec le Tenori-on conçu par Toshio Iwai, le créateur d'Electroplankton, et construit par Yamaha. J'ai toujours aimé ces objets bizarres dont l'interface ne ressemble à aucune autre. Lorsque j'avais acquis mon synthétiseur ARP2600 en 1974, l'aspect "central téléphonique" m'avait excité, mais j'ai aussi bien apprécié le Stylophone dont je viens de racheter un exemplaire, les AirFX et AirSynth d'Alesis ou le Theremin reconstruit Robert Moog qui se jouent sans qu'on les touche. Cette fois, le Tenori-on se joue avec les pouces ou tous les doigts, sur piles ou sur secteur, c'est intuitif et très amusant. J'en ignore encore les capacités et les limites, mais je vais m'employer à le pousser dans ses retranchements, comme chaque fois que je programme un de ces instruments industriels afin de me l'approprier. Il ressemble aussi beaucoup aux machines virtuelles que j'ai inventées avec Frédéric Durieu, modules interactifs depuis ''Alphabet'' jusqu'à ceux du CielEstBleu (les trois de Time, la Pâte à Son, FluxTune que Fred dit qu'il terminera enfin avec la nouvelle version de Director) ou les projets avec Antoine Schmitt et Nicolas Clauss, mais là, chut !... Pour l'instant, avec l'un comme avec l'autre, c'est top secret ! Le Tenori-on n'étant distribué qu'en Grande-Bretagne, je l'ai simplement commandé sur Internet et reçu trois jours plus tard. Je me demande ce que cela donnera lorsque je le commuterai avec d'autres appareils comme le M-Resonator de Jomox ou l'Eventide H3000... Et je compte bien en jouer dès mes prochains concerts, le 13 mars au Triton (Les Lilas) avec les filles de Donkey Monkey (réservez déjà vos places, même si une partie du show sera retransmis sur France Musique !), et le lendemain à L'échangeur petite prestation avec les images de Nicolas.