Jean-Jacques Birgé

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 30 mai 2020

Si j'ai bon dos ? [archives]


Articles des 9 juillet 2006, 11 novembre 2007, 20 mars 2010, 11 décembre 2012, 5 avril 2013, 13 et 24 mai 2013, 10 février 2014, 2 mai 2016, 21 février 2017, 21 avril 2020
Quitte à publier d'anciens articles, j'ai choisi de les regrouper par thèmes. Aujourd'hui c'est copieux !

APPUYEZ LÀ OÙ ÇA FAIT MAL (2006)

Passé le massage de confort, je n'ai jamais compris comment ça fonctionnait. L'ostéopathie reste assez mystérieuse, en particulier l'ostéopathie crânienne. Les praticiens ont du mal à l'expliquer lorsqu'on leur pose des questions. Bien sûr que c'est efficace, mais pourquoi ? Au pire, on vous sert un discours baba de comptoir où se croisent méridiens et énergie. Pour les patients, il y a les kinés, jugés souvent basiques, et les ostéos qui font craquer ou pas, mais craquer quoi ? Les termes sont souvent impropres, on ne se déplace pas une vertèbre sans se retrouver en chaise roulante. On peut se coincer un nerf, mais la plupart du temps ce sont des micro-entorses, des tensions musculaires qui vous font prendre des positions antalgiques, de quoi ressembler à un bonzaï. Le bruit serait simplement du gaz accumulé entre les articulations. Que les spécialistes m'écrivent, ils ont gagné. Comprendre, nous ne demandons que cela.
Lorsque j'avais 18 ans, je portais ma sono qui pesait 60 kilos par élément de 1,80m. Il m'arrivait de me faire mal en chargeant la voiture en porte-à-faux et ça passait en deux ou trois jours. À 31, à la fin d'une répétition vers 4 heures du matin, je me suis coincé le dos pour la première fois. Les ennuis avaient commencé. J'ai d'abord accumulé les séances de kiné, puis chaque mois je voyais un ostéo crânien, mais ça ne m'empêchait pas de me retrouver par terre, à genoux, avec un grand cri japonais. Mes amis me disaient que j'en avais plein le dos, qu'il fallait que je change de vie. On me traitait d'hypocondriaque, on sous-entendait que c'était psychologique jusqu'à ce que je passe radios et scanner. Bilan des courses : une hernie discale et trois disques écrasés. Il y a dix ans, mon lumbago a fini par me ficher la paix, lorsqu'un médecin-kiné m'indiqua quelques mouvements simples à effectuer au coucher et au réveil. Il m'est encore arrivé de me faire très mal, mais de plus en plus rarement, et je ne manque plus jamais de faire mes exercices sans me mettre en danger. Je vois de temps en temps un ostéo ou un kiné (variation géographique) pour la révision des 10 000, mais j'ai surtout fait l'expérience du massage chinois. Voilà, on y vient.

Le massage chinois n'a rien à voir avec les pratiques occidentales. Madame J., qui opère à domicile, appuie là où ça fait mal. La douleur est insupportable, il arrive que l'on crie, il paraît même que les chinois hurlent tandis que les occidentaux se retiennent en soufflant comme des phoques. Madame J. attendrie la bidoche comme le boucher avec le bifteck. Elle s'y prend à deux mains en glissant sur la peau, enfonçant ses doigts aux nœuds de tension et malaxant jusqu'à ce que ça lâche. Difficile de résister, Madame J. rit tout le temps, d'un rire bienveillant qui rassure. On en ressort complètement lessivé, et le lendemain courbaturé comme si on avait pratiqué le triathlon pour la première fois. Certains camarades, car Madame J. est un secret que l'on se repasse entre musiciens comme si c'était un trésor vivant, se sont retrouvés avec d'énormes bleus. N'y voyez aucun masochisme refoulé, car trois jours après vous gambadez sans plus aucun souvenir de la douleur, ni celle de la séance de torture, ni surtout celle qui vous a fait crier au secours. Et Madame J. de sourire en vous expliquant les "kolok kolok" par un "quand bruit, mal". J'ai essayé de pratiquer cette technique sur moi-même et ma compagne, ça fonctionne plutôt bien : chercher les tensions avec le maximum d'écoute et masser longtemps jusqu'à ce que le muscle lâche. C'est tout simple, rien de mystique, pas besoin d'y croire : la gym pour l'entretien, l'attendrissement pour les coups durs ! Bon, d'accord, n'excluez pas la visite à un spécialiste lorsque votre cas semble sans espoir... C'est un peu comme l'homéopathie qui est une médecine formidable, mais en cas de crise aigue mieux vaut, par exemple, avoir recours tout de même aux antibiotiques. Chacun doit trouver ce qui lui convient. Un de ces jours, je ferai un article sur l'homéopathie, ça nous changera ! Et puis, j'en ferai un autre sur la douleur, comment la maîtriser en l'apprivoisant...

La photo représente différents objets du culte (physique) permettant de détendre le corps : trois différents tapis à picots (réflexothérapie, absolument géniale, au fonctionnement plus proche de l'acuponcture, tous les méridiens passant par la voûte plantaire, et par les oreilles, mais là, c'est raté, vous aurez beau écouter le train arriver en vous penchant sur les rails, ce n'est pas très pratique pour le massage des oreilles), cylindres pour les pieds toujours (très utile en avion), matchi-pouli (là j'ai des doutes, trop d'efforts des bras pour masser le dos), petits ustensiles pour frapper les endroits douloureux (font partie du quotidien asiatique, mais moi, je ne m'y fais pas), araignée pour la tête (un cadeau exquis trouvé chez Nature & Découverte), moquette (pour la gym), Syntol, Huile de massage et Baume du Tigre (ça soigne tout, des courbatures au mal de tête ou de ventre, c'est l'aspirine de l'Asie), etc. Une véritable panoplie SM (euh, Soins Massage) !

MAL AU DOS (2007)


Y a pas photo, je suis encore de traviole ce matin. S'il est une chose qu'il faut éviter, c'est un effort en sortant d'une séance d'ostéopathie. Rien de mieux pour se coincer le dos, de la façon la plus spectaculaire qui soit. Lorsque je me fais mal, ma colonne vertébrale dessine une forme en baïonnette, position antalgique mémorisée par le corps pour éviter de souffrir. C'est à ne pas croire, le tronc ne semble plus en face des jambes ! Si je m'y prends à temps, je peux l'éviter en prenant rapidement deux Di-Antalvic. La crainte d'avoir mal et le rééquilibrage de la pyramide de cubes en os produisent de multiples déplacements depuis le sacrum jusqu'à l'occiput. Si les analgésiques ne suffisent pas, je passe au Bi-Profenid, anti-inflammatoire puissant qu'il faut ingurgiter durant cinq jours. Mais le mieux est de faire ce qu'il faut pour ne pas en arriver là !
Depuis une dizaine d'années, chaque matin en me levant et chaque soir avant d'aller me coucher, quel que soit mon état de fatigue, je fais trois exercices salvateurs qui m'ont été astucieusement soufflés par le bon Docteur Mussy. Depuis, je ne m'écroule plus jamais à quatre pattes avec un grand cri japonais. Lorsque je dois voyager longtemps assis, rester debout pendant des heures ou porter quoi que ce soit de lourd, j'entoure mon ventre d'une gaine élastique qui le soutient. Les chaussures qui épousent la voûte plantaire sont également d'une aide certaine, sehr gut ! Plier les jambes quand on se baisse fait partie des conseils de base. Mon état n'a hélas rien de psychologique (du style "j'en ai plein le dos"), la radio et le scanner ayant montré une jolie hernie discale et trois vertèbres écrasées.
(...) J'ai vu des kinés, puis des ostéos les plus zélés, mais rien n'a valu de me prendre en charge moi-même. Depuis dix ans, je souffre beaucoup moins qu'avant. J'ai appris à gérer mes faiblesses. C'est une consolation. Le corps se déglingue petit à petit, mais plus on vieillit, mieux on apprend à vivre avec, et la vie est plus douce.

SCOTCH 1 - JJB 0 (2010)


Mes lecteurs connaissent mes points faibles. À part le dos, mon petit orteil gauche est mon talon d'Achille. Un coup de vent rasant, et paf, cela suffirait à le froisser. Je lisais tranquillement dans mon lit allongé sur le dos lorsque le chat a sauté comme une puce mais de ton son poids sur mes pieds tournés vers le plafond. Huit kilos et demi se sont abattus sur mes arpions fragiles. J'ai senti le craquement. Arrêt de jeu. Massage à l'arnica, granules et Di-Antalvic tant qu'il en reste. J'ai aussitôt pensé à l'EMDR, technique intéressante de désensibilisation et retraitement de l'information par mouvement des yeux ! Comme je suis embarrassé de demander à Françoise de jouer les hypnotiseuses en faisant osciller un stylo devant mes yeux, je me suis fait offrir un métronome. Pour un musicien, quoi de plus naturel ? Sauf que celui-ci est mécanique, on n'en fait plus beaucoup, et que je ne m'en sers que pour m'autohypnotiser. Ainsi personne n'attrape de crampe. Et mes yeux de suivre l'oscillation du balancier en me concentrant sur la douleur et le choc initial. Auto-suggestion ? Effet placebo ? Technique de libération émotionnelle (EFT) ? La douleur s'estompe miraculeusement et je peux m'endormir. Le lendemain matin, je réitère l'opération métronome, et mes yeux d'aller de droite à gauche et de gauche à droite. J'arrive à poser le pied par terre ! J'ai cru comprendre qu'il s'agit de reprogrammer des réflexes anciens générés par la douleur. Ainsi lorsque je me coince le dos, il se met en position de baïonnette à tel point que les jambes ne sont plus en face du tronc. Impressionnant ! Or il s'agit d'une position antalgique, mon corps se souvenant qu'ainsi je compense la coincette. Hélas cette position génère toute une suite de rééquilibrages catastrophiques, comme une colonne de cubes empilés sur une base tordue. La reprogrammation est censée effacer cette mémoire du corps, me permettant de réagir plus efficacement sur le traumatisme. Vous me suivez ? Après des années de pratique (le choc, suivi de sa prise en main !) j'ai réduit la convalescence de trois semaines à quelques jours, essentiellement en me relaxant au lieu de m'énerver contre la douleur. L'expérimentation de l'EMDR est donc une nouvelle plongée passionnante dans les possibilités du cerveau à la contrôler, qu'elle soit physique ou psychique. Miracle ! Je réussis à enfiler chaussette et chaussure, à pédaler, et en fin de journée je gambade comme si de rien n'était. Cela ne m'est jamais arrivé en 37 ans de casse-pied. Je n'ai même plus d'inquiétude pour le concert de demain où je dois jouer debout et déambulant. Je n'aurai pas vécu de bouts et d'ambulances.

ESCALADE DES DROGUES LÉGALES (2012)


Il arrive parfois que les transitions arrivent à propos. Au moment où le Di-Antalvic, analgésique miracle, est retiré du marché, ce qui représente une catastrophe pour quantité de personnes souffrant du dos ou de diverses douleurs, le massage chinois que je suis héroïquement depuis quelques années prend le relais, et ce sans les effets secondaires redoutés. Si la séance est souvent douloureuse cette pratique a l'immense mérite d'avoir supprimé totalement les lumbagos que je traînais depuis plus de 25 ans. Qui ne m'a jamais vu en baïonnette avec les jambes décalées du tronc ne peut imaginer la souffrance à l'origine de cette position antalgique. Or je n'ai vécu aucune crise depuis trois ans alors qu'elles étaient quasi mensuelles et particulièrement redoutables. Pendant des années j'ai évité de prendre le moindre médicament allopathique, m'en remettant d'abord aux bons soins de kinésithérapeutes, puis de zélés ostéopathes, sans parler de la magie exercée par le magnétiseur ou un rebouteux au fin fond de campagnes quasi médiévales. Leurs pratiques m'ont souvent tiré d'affaire, mais je replongeais irrémédiablement, accompagnant ma chute d'un grand cri japonais. J'avais donc trouvé deux méthodes pour m'éviter de devenir nonagénaire en l'espace de quelques secondes. Au moindre soupçon, heureusement devenu rare, je prenais deux gélules de Di-Antalvic pour ne pas envenimer la situation. Je tuais ainsi dans l'œuf torticolis, sciatalgies et lombalgies. Le massage chinois, supplice inadapté pour certains, était l'autre botte secrète. Il tira d'affaire nombre de mes camarades musiciens, médecins, dentistes, etc.

Mais voilà que le Di-Antalvic et autres Propofan, mélanges d'antalgique et d'opiacé qui avaient su séduire 8 millions de Français, sont interdits depuis octobre 2011, le surdosage pouvant entraîner la mort. C'est le propre de quantité de médicaments entreposés dans votre pharmacie, sauf que le Di-Antalvic coûtait très cher à la Sécurité Sociale, car il était délivré sur ordonnance et remboursé. À moins que le brevet de la petite molécule DXP, arrivé à expiration depuis déjà pas mal de temps, n'était plus aussi rentable avec l'apparition des médicaments génériques ! Chaque nouvelle molécule mise sur le marché assure minimum 20 ans d'exclusivité à son laboratoire. Dis Tonton, pourquoi tu tousses ? La dextropropoxyphène est donc remplacée par le bon vieux paracétamol prescrit seul (c'est l'aspirine qui fait des trous dans l'estomac et ne soulage pas du tout certaines douleurs), par la codéine (inefficace pour 13% des gens qui ne le métabolisent pas) ou par le tramadol (la voilà, la petite dernière). Depuis que les analgésiques existent, ils ont toujours été dangereux en cas de surdose, accidentelle ou suicidaire. L'industrie pharmaceutique se targue chaque fois de retirer tel ou tel du marché à cause des risques prétendument découverts récemment. Les migraineux se souviennent du magique Optalidon ! Les nouveaux seront incriminés dans quelques années, comme les précédents. C'est avant tout une histoire de gros sous contée par de cyniques profiteurs.

Alors qu'en est-il des médicaments de remplacement ? C'est là qu'on se marre. Ils sont plus puissants que le Di-Antalvic qui occasionnait très peu d'effets secondaires. D'après ma pharmacienne l'Ixprim, composé de tramadol et de paracétamol et ne réclamant aucune ordonnance, produit des vertiges et des nausées, tandis que le paracétamol codéine donne des nausées et constipe ! Comme elle me dit que je peux combiner les deux, j'en déduis que je pourrais profiter à la fois de vertiges, nausées et constipations pour désirer être soulagé des conséquences de ma hernie discale et de mes deux disques écrasés... Sympa ! Pas d'autre solution que de tester.

Si le paracétamol codéine n'a servi à rien, j'ai par contre réussi à être complètement défoncé avec l'Ixprim. Deux gélules ont suffi à me rendre ivre, hilare et béat. Le genre de truc totalement déconseillé si l'on doit sortir de chez soi, qui plus est, conduire. Je n'y pense même pas. Mais si un jour j'ai vraiment mal et que j'ai envie de m'envoyer en l'air j'ai une boîte pleine de cette drogue légale qui ne réclame aucun surdosage pour voir des éléphants roses. Quand je pense que la loi interdit le cannabis et laisse en liberté les dealers patentés je me pose des questions sur les lobbys qui les y autorisent.

Toutes ces considérations doivent être prises avec des pincettes, car je ne suis pas médecin, mais un simple usager. Cette phrase me rappelle une des Claudettes revenue d'une nuit avec Jimi Hendrix avec un T-shirt où était écrit "I've been experienced !". J'ai parfois de drôles d'idées, mais cet article a été écrit sans l'aide d'aucun expédient.

ÇA Y EST, JE SUIS PASSÉ À LA PLANCHE À CLOUS (2013)


Comme si ma collection de tapis de réflexologie pour les pieds ou le massage chinois Tuina Anmo de Madame Ji ne suffisaient pas, je suis passé à la planche à clous, ou plus exactement à sa forme moderne et occidentale, le tapis Shakti dont il existe de nombreuses imitations que je n'ai hélas pas testées. Première impression, ce n'est pas pour les douillets. Le moment où l'on s'allonge dessus ou, pire, celui où l'on se relève n'est pas piqué des vers. On me les tirera donc facilement du nez, j'avoue, j'avoue tout. Après quelques minutes une sensation de chaleur vous envahit et on pourrait même s'endormir dessus, nulle contre-indication. La séance fut redoutablement efficace. Impression de détente et soulagement immédiat des douleurs dorsales. Il me semble plus approprié en fin de journée qu'en matinée. Livré dans un sac en coton, le petit tapis peut s'emporter partout avec soi en voyage. Le site de Shakti est plein d'informations en anglais, mais le mode d'emploi basique est en français. La technique est vieille de 7000 ans et l'exercice ravira les adeptes du yoga de plus en plus nombreux. Lancé en 2007, il a obtenu un succès phénoménal en Suède il y a quelques années tel que plus de 10% de ses habitants en possèdent. Il se pourrait bien que la France en plein stress et déconfiture s'y mette bientôt.

LUMBAGO BLUES
(2013)

(...) N'ayant pas eu de lumbago depuis plus de trois ans grâce au massage tuin anmo de Madame Ji je me croyais à l'abri. C'était sans compter de coquins mouvements du bassin, les quatre kilos de l'hiver et le jardinage de printemps. Assis sur le divan, j'ai plongé stupidement vers mes lacets sans plier les genoux, et clac, merci Kodak ! L'impressionnante photo montre mon dos en baïonnette : le tronc n'est plus en face des jambes. Si je marche mon corps me semble suspendu en l'air avec mes guiboles comme des rubans de papier flottant au-dessus du sol. J'ai arrêté les anti-inflammatoires qui cette fois ne m'ont fait aucun effet, j'ai vu les praticiens les plus zélés, j'ai tenté l'EMDR en m'auto-hynotisant, je suis resté allongé des jours entiers à regarder des films dans le noir, mais après dix jours tourdepisiens je ne sens aucune amélioration et cela commence à bien faire. Je n'ai pas encore épuisé toutes les ressources des magiciens du corps et je ne m'avoue pas vaincu quant au travail intérieur que je continue à produire sereinement. Si pour l'avoir déjà vécu je ne savais pas qu'un jour je gambaderai comme un chevreuil je serais drôlement inquiet...

L'ORIGINE DU MAL (2013)


Me lisant handicapé par un lumbago persistant, de bonnes âmes m'ont écrit pour me conseiller diverses pratiques de guérison. Soulagé momentanément par les bons soins de la masseuse chinoise, de l'ostéopathe, du réflexologue et de la nouvelle pharmacopée, en l'occurrence de l'Ixprim, savant cocktail de tramadol et de paracétamol, mais néanmoins bloqué en position allongée depuis trois semaines, j'ai eu tout le loisir de lire Healing Back Pain en anglais dans le texte, le best-seller du Docteur John E. Sarno. Le médecin américain y livre son intuition sur l'origine du mal au dos et comment s'en débarrasser définitivement, même affecté comme je le suis par une hernie discale et trois disques écrasés !
L'hypothèse formulée par le médecin américain tient du bon sens, mais son style est celui d'un auteur à succès s'adressant à une large population plutôt inculte en matière psychanalytique. Dès lors que l'on considère que la majorité de nos afflictions proviennent de la somatisation, ou du moins que notre mental a une influence indéniable sur les maladies que nous attrapons, pourquoi ne pourrait-on guérir par ce qui provoqua le mal ? D'où sa suggestion de soigner les TMS (Tension Myositis Syndrome, en français Troubles musculosquelettiques) sans médicaments, ni chirurgie, ni exercice physique, mais par le seul pouvoir du cerveau... Si l'I.R.M. montre une lésion vertébrale, Sarno prétend que ce n'est pas elle qui provoque la douleur. Il est question de manque d'oxygénation des tissus, mais je ne vais pas réécrire ici son bouquin. Le stress et la colère rentrée seraient à l'origine du mal, comme on peut se fabriquer un cancer, un ulcère à l'estomac, de l'asthme, quelque maladie dermatologique, etc., la liste est longue. Pour avoir envisagé moi-même depuis fort longtemps cette théorie et l'avoir testée avec succès, la lecture confirme mon hypothèse. On peut évidemment atténuer la douleur et la faire disparaître en l'apprivoisant, de même on peut très bien guérir de moult maladies par un travail psychologique ou psychanalytique, tout dépend de l'ampleur des dégâts. L'inconscient est hélas plus puissant que la concentration volontariste et la relaxation philosophique, aussi n'est-ce pas toujours facile, particulièrement en période de crise aiguë. Sur tous les terrains il est fondamental de juguler la peur.
Là où Sarno est léger, c'est évidemment dans la guérison miraculeuse qui tient, malgré ses dires, plus d'une sorte de conviction à laquelle je ne peux adhérer, n'ayant pas en son temps acquis la petite croix Vitafor qui guérit tout, peines du corps et peines du cœur, il suffit d'envoyer le bon de commande, ici un petit livre de poche à quelques euros, je ne me suis pas ruiné. Le pouvoir de suggestion des praticiens ayant recours à la méthode du médecin américain est certainement la clef de leurs succès, mais j'ai beau avoir suivi, ou plus justement précédé à la lettre, les conseils avisés prescrits, soit traiter l'affaire par le mépris, je me suis tout de même coincé le dos après trois ans et demi de rémission alors que je pensais être sorti de là ! Cela fait trente ans que ma cinquième lombaire joue le rôle de mon talon d'Achille. Si le ciboulot est souvent à l'origine du mal, s'il est possible de s'en débarrasser par un travail psychique, il n'en reste pas moins que le best-seller qui aurait soigné des milliers de personnes de par le monde tient par son style d'une entreprise commerciale juteuse qui laisse planer le doute sur les intentions philanthropiques de son auteur. Ouvrage de vulgarisation sur le pouvoir de l'inconscient, il n'empêchera pas chacun de morfler et de trouver également l'issue qui lui convient...

LUMBAGO (2014)


Faut-il être idiot pour me coincer le dos une fois de plus ! Rien de nouveau sous le soleil, je me suis abîmé à 18 ans, la hernie discale et les trois disques écrabouillés j'en avais 31, voilà donc trente ans que je suis (ir)régulièrement handicapé. J'en prends chaque fois pour trente ans, mais quelques jours plus tard j'obtiens une remise de peine. Les ostéos ont remplacé les kinés, et depuis quelques années je ne pousse plus jamais de grand cri japonais en m'écroulant par terre, en particulier grâce au vigoureux massage chinois. La gymnastique matin et soir devrait m'empêcher de me mettre en baïonnette, avec les jambes décalées du tronc, position antalgique qui n'amuse que les camarades devant qui je me désape. Mais voilà, il arrive que j'exagère en faisant des folies de mon corps. Si certaines sont trop agréables pour les éviter, d'autres relèvent de la plus grande stupidité. Il faut pour cela un concours de circonstances, fatal, comme de porter un arbre en torsion après avoir scanné trois cents photographies du Drame toute la journée. C'était à prévoir, surtout après une légère prise de poids. Donc voilà, il ne suffit plus que d'enfiler ses chaussettes pour se retrouver avec un lumbago pas piqué des hannetons. Je l'écris comme un pense-bête, mais tout effort prévisible devrait automatiquement m'inciter à me gainer. Dans le cas contraire je n'arrive pas à penser à grand chose d'autre, d'autant que j'ai avalé analgésique et anti-inflammatoire, aussi ressasse-je dans cette colonne le spleen du bonzaï humain qui prend son mal à patience.

LES SOUFFRANCES DES JEUNES VERTÈBRES (2016)



Les copains me disaient que j'en avais plein le dos et me conseillaient de changer de vie. J'avais tout de même fait des radios en 1983 et quelques années plus tard je suis entré dans un tube qui ressemblait à un cercueil relooké 2001, l'odyssée de l'espace. Les machines ont beaucoup changé depuis, et l'aspect claustrophobe de l'IRM a presque disparu. On est allongé sur une table de kiné qui glisse sous un court tunnel ouvert aux deux extrémités. Un casque diffusant une musique sans style protège du bruit des bobines qui vibrent et produisent un rythme binaire de techno lourdingue. Une poire glissée dans la main vous permet d'éventuellement avertir le préposé du moindre désagrément. La séquence m'a semblé durer une dizaine de minutes.
Lorsque j'avais 20 ans je transportais seul mes enceintes amplifiées Yamaha de 1,80m de haut pesant 60 kg chaque lorsque je partais en concert. L'épreuve résidait à les enfiler dans la voiture par le haillon. À cet âge les tours de rein passent en deux ou trois jours. Lorsque j'eus 31 ans , terminant une séance d'enregistrement dans mon sous-sol avec Un Drame Musical Instantané vers 3 heures du matin et désirant débrancher mon synthétiseur PPG j'attrapai les câbles en torsion et me retrouvai à genoux avec un grand cri japonais. À cette époque on allait se faire décoincer chez un kinésithérapeute. Le bon Docteur Thébaut Place de la Concorde expérimentait toutes sortes de techniques comme la magnétothérapie. Plus tard je passai à l'ostéopathie crânienne, puis au massage chinois Tui Na An Mo, voire l'EMDR, et aujourd'hui lorsque je me coince j'oscille entre crac et la rééducation par la méthode Mézières. Récemment j'enchaînai un lumbago suivi de cruralgies dansant d'une jambe sur l'autre. Cette bascule instantanée des douleurs de l'aine droite et gauche justifia que je repasse une IRM, histoire de numéroter mes abattis.
Alors que les images d'il y a 25 ans montraient une hernie discale L5-S1 et trois disques écrabouillés, celle de la semaine dernière révèle que la hernie est rentrée (merci au Docteur Mussi qui me fit faire des exercices autodisciplinés pendant toutes ces années), mais que l'ensemble des disques lombaires sont pincés et en hyposignal sur la séquence sagittale T2 témoin d'une discopathie dégénérative étagée, signifiant que toute ma production discographique lombaire est raplapla. Mon kiné actuel m'annonce que lumbago, sciatiques et cruralgies sont des problèmes de jeunes et que cela passe en vieillissant, la bonne nouvelle ! Quant aux séances Mézières elles m'apprennent à respirer et à retrouver une posture qui devrait m'éviter tous les déboires dont je suis victime depuis 32 ans. J'aurais bien cité le nom de tous les praticiens qui m'ont aidé à vivre pendant tout ce temps-là, sans compter les prescriptions d'analgésiques et d'anti-inflammatoires, mais cela fait beaucoup de monde et je ne suis pas certain qu'ils aient l'envie ou les moyens de récupérer plus de patients qu'ils n'en ont déjà !
Si vous avez réussi à lire ce billet médical et paramédical jusqu'ici, je conseillerai simplement aux plus jeunes, qui se croient donc invincibles, de ne pas soulever de poids en torsion, de plier les genoux, de porter une gaine comme font les motards, d'éviter le métier de contorsionniste, de faire du sport mais sans jamais forcer et de vivre vieux pour apprécier le bien fondé de ces avertissements.

PSOAS, LE MUSCLE DIABOLIQUE
(2017)


33. Dites 33. 33 ans depuis le premier grand cri japonais ! 33 ans de lumbago. J'ai vu des médecins, des kinés, des ostéos, des réflexologues, des masseuses, des rebouteux, des sorcières, des acuponcteurs, des ophtalmos, des magnétiseurs, j'ai fait des radios, des IRM, de la gymnastique, du taï-chi, j'ai avalé des antalgiques, des anti-inflammatoires, des relaxants, lu des livres, fumé des pétards, changé de matelas, pris des vacances, tenté l'EMDR, je me suis allongé sur le dos... Avec le temps et mes exercices matin et soir j'ai résorbé la hernie discale, mais tous mes disques lombaires sont écrasés. On me dit pourtant que je ne fais pas le poids. J'ai maigri, me suis recoincé, regrossi, j'ai fait du yoyo, du vélo, de la marche à pied, mangé moins, mais rien n'y fait, devant la peur de la douleur je me mets en baïonnette, les jambes ne sont plus en face du tronc, rien de grave, juste impressionnant... On m'a parlé du "muscle poubelle", le psoas sur lequel viendraient se fixer les toxines à cause de la proximité des reins, mais il paraîtrait que c'est du flan. Ce serait simplement la proximité du colon. Si l'un ou l'autre s'enflamme, il y aurait contagion. Est-ce plus juste ? Je l'ignore. Le psoas part de la hanche, traverse l’abdomen et s’attache profondément sur les cinq vertèbres lombaires. Aïe ! Certains prétendent que le psoas réagit au stress émotionnel et aux peurs. Aux dernières informations, une position assise trop longue le raccourcirait et produirait cambrure et lumbago. Même origine pour le point de côté. Il faut donc l'étirer. Allongé, je laisse tomber ma jambe gauche en attrapant mon genou droit. Jusqu'ici j'avais évité les génuflexions. Je ne suis pas croyant. Peut-être que quelques prières à Cinq-lombaires auraient eu raison de ma récurrence ? Je respire, me redresse doucement, le soleil revient, maudit psoas !

JE NE SUIS PLUS MALADE (2020)


Il n'y a pas que le Covid-19. On meurt aussi d'autres causes, mais faute de tests on impute au virus maints départs précipités. Il y a plein d'autres petits bobos, mais les patients évitent les visites chez le médecin par crainte d'une éventuelle contagion dans la salle d'attente. Les hypocondriaques guérissent étonnamment vite ces temps-ci...
Mes amis le savent. Ma principale faiblesse est mon dos qui me rappelle à lui de temps en temps, au point que je suis obligé de le cajoler sans attendre les crises. Lorsque j'avais 18 ans, portant régulièrement les enceintes de 60 kg de ma sono pour jouer en concert, je me collais un tour de rein qui passait en trois jours. À 31 ans, dans ma cave, à la fin d'une séance d'enregistrement d'Un Drame Musical Instantané, j'ai voulu débrancher un câble en torsion et je me suis retrouvé à genoux avec un grand cri japonais dont je ne me suis jamais relevé complètement ! Depuis, j'ai vu trente-six praticiens (kinés, magnétiseurs, rebouteux, masseurs, ostéopathes, etc.) qui m'ont chaque fois sorti de là, mais je reste fragile. Ces derniers quinze ans je me reposais sur une masseuse chinoise pratiquant le tuin anmo, un ostéopathe virtuose et des gélules d'X-Prim. Bonne nouvelle pour les jeunes qui souffrent de ce genre de mal, je vais beaucoup mieux qu'il y a 36 ans ! Grâce aux exercices quotidiens suggérés par un étonnant médecin il y a belles lurettes, j'ai résorbé mon hernie discale, et grâce à la Sainte Trinité évoquée plus haut les lumbagos sont devenus très rares. Or, en cas de blocage pouvant arriver n'importe quand et n'importe comment, le confinement m'empêche de rencontrer mes deux sauveurs ou de prendre le médicament déconseillé dans l'éventualité où le virus frapperait à ma porte. Et bien voilà plus d'un mois que je me porte comme un charme. Évidemment je continue à pratiquer le sauna chaque matin, infrarouges qui chauffent mon corps à 67° ; je ne me suis jamais coincé après cette séance, toujours avant, ou parce que j'avais été extrêmement imprudent, c'est-à-dire totalement imbécile. Il n'empêche que depuis que je n'ai aucun moyen d'être soulagé en cas de coincette, je n'ai pas eu l'ombre d'une alerte. Bon d'accord, mon asthme s'est réveillé avec le printemps, mais je n'ai (hélas) besoin de personne pour le soigner !
Cela me rappelle une autre histoire. Je vivais dans le même immeuble qu'un ami docteur, qui est toujours mon ami et mon médecin traitant, mais j'ai déménagé. Du jour ou lendemain je n'étais plus malade. Cela m'aurait probablement trop ennuyé de traverser Paris pour le consulter alors que jusque là je n'avais qu'à grimper deux étages, et même en ascenseur, que mon inconscient hypocondriaque préférait m'épargner la moindre contrariété physique. À l'époque je n'étais hélas pas à l'abri de celles de l'âme, mais pour guérir je n'aurai à compter que sur moi, ce à quoi je m'emploierai ardemment.
Comme je partageais cette histoire avec d'autres proches, loin de leurs praticiens chéris, l'une me raconte qu'elle n'a plus mal au ventre, l'autre que sa poitrine ne l'oppresse plus depuis le début du confinement, etc. Ces améliorations considérables ne concernent hélas que notre condition physique, entretenue par la gymnastique et la marche à pied, mais n'empêchent pas les inquiétudes légitimes qui assaillent les uns et les autres sur l'avenir social et politique...

Illustration : ophtalmotrope de Ruette photographié lors de la création de La chambre de Swedenborg au MAMC de Strasbourg pendant l'exposition L'Europe des esprits avec Birgitte Lyregaard et Linda Edsjö

samedi 25 avril 2020

Le masque


S'il faut avoir été en contact avec le coronavirus pour être immunisé, j'ai trouvé le masque qui protège totalement en cas de récidive ! Le pire, c'est qu'il n'est pas plus cher que les jetables vendus à prix exorbitant...


Ce n'est pas moi qui pose. Je n'en ai pas besoin, j'ai mes chapeaux de pêcheur du Tonlé Sap qui fonctionnent déjà très bien pour les attaques de banques ! En plus j'en ai un rouge, un jaune, deux orange et deux vert. On m'a volé le bleu au Théâtre Antique d'Arles il y a quelques années lorsque j'assurais la direction musicale des Soirées des Rencontres de la Photographie, mais le voleur ne pourra jamais passer inaperçu !


Quant à cet été, je suis prêt quel que soit le temps. La suite de ma préparation au déconfinement lundi dans le blog !

jeudi 23 avril 2020

Mon encyclopédie en 4400 articles


En cette période de confinement, quelques lecteurs/trices me suggèrent de publier d'anciens articles. Riche de 4400 articles, mon blog constitue en effet une sorte d'encyclopédie subjective abordant des sujets extrêmement variés qui se fichent de la mode, même s'ils ne font pas toujours abstraction de l'actualité. Les ressources de l'application DotClear étant limitées, elles rendent peut-être difficile de se frayer un chemin dans cette épaisse forêt où j'ai écrit 7 jours sur 7 les cinq premières années pour me contenter de 5 les dix années suivantes en ne publiant plus le week-end, sauf en de rares exceptions. On peut toujours faire une recherche par thème, mais seuls les derniers articles apparaissent. On pourra choisir de tout relire en commençant par le début, le 4 août 2005, mais je doute que quiconque s'y risque ! J'ai moi-même perdu le souvenir de la plupart des articles que j'ai rédigés, au point qu'il m'arrive de commencer à écrire sur un film que j'ai déjà chroniqué et que j'ai même oublié avoir vu ! En général, je fais une recherche dans le champ en haut à droite pour être certain de ne pas me répéter.
Au cas où vous vous sentiriez une âme d'aventurier, c'est ce champ que je vous conseillerais d'utiliser en y inscrivant un nom propre ou commun, mais de préférence un peu rare, histoire de limiter les occurrences ! Ce principe peut devenir un jeu, un jeu de piste aussi, tant les liens hypertexte tissent une toile rarement explorée par les lecteurs/trices. Essayez et vous plongerez dans l'histoire des quinze dernières années, avec d'étonnants passages plus ou moins secrets vers le passé ou l'avenir. J'aime remonter aux sources autant qu'anticiper.
Un blog n'est ni un roman (encore que celui-ci en ait hébergé deux, livrés par épisodes), ni un travail journalistique (les chroniques de disques, films, expositions, théâtre, livres y ressemblent parfois trop à mon goût, me transformant en militant de ce qui me semble scandaleusement méconnu), mais une sorte de journal extime, raconté à la première personne du singulier, lisible à différents niveaux selon la proximité entretenue avec son auteur. Les sous-entendus sont nombreux, les confessions discrètes ou impudiques, mes coups de gueule explicites au risque de m'avoir valu quelques menaces au delà du raisonnable. Ne cherchant pas la polémique, j'évite les provocations et privilégie l'enquête, tout en sachant pertinemment que tout écrit est un portrait en creux de son rédacteur. Le succès rencontré flattant mon orgueil, j'ai continué à me fendre d'un article par jour, sans ne jamais faillir, sauf lors de certaines pauses salutaires, voire sanitaires, où j'ai coupé la perfusion Internet, par exemple pendant les mois de vacances loin du réseau. La plupart du temps, les trois heures que j'y consacre quotidiennement constituent une gymnastique productive qui me met le pied à l'étrier pour attaquer le reste de mes projets, principalement musicaux. C'est comme siphonner un réservoir, après la première aspiration cela coule tout seul ! Sauf que pour moi, il s'agit plus d'inspiration que d'aspiration. Les retombées sont souvent indirectes. En dehors du lien social, indispensable pour l'ours que je suis, cela m'a parfois offert de magnifiques opportunités et créé des rencontres inattendues.
Pour en revenir au propos de ce billet, j'avoue que cette encyclopédie intime me sert de mémoire, à moi qui n'en ai beaucoup moins que l'on puisse croire, et que je suis certainement le premier à avoir recours au champ de recherche en haut à droite de cette page.

mercredi 22 avril 2020

Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris


Me livrant aux joies du rangement, je découvre que de nombreux plastiques qui recouvraient les jaquettes de DVD partent en poussière. J'avais déjà constaté que la mousse à l'intérieur des valises ou celle des bonnettes de microphones se désintégraient. Le biodégradable existe donc, mais pas là où il s'annonçait. Par exemple, les sacs de la Fnac caca d'oie qui datent de plus de vingt ans sont nickel, à moins d'avoir été sur le trajet d'un escargot. Les gastéropodes avaient bien dégusté ma carte d'électeur ! Je me demande si la poussière de plastique ou de mousse est toxique ou allergène, mais la poudre ou les petits bouts cassants comme une feuille de riz ne m'inspirent pas confiance.
Dans le genre "date de péremption", les CD, DVD, CDR, DVDR résistent plutôt bien, même si leur longévité n'est pas celle des disques en vinyle. Pour les plus anciens 78 tours, il arrive que la fine pellicule de gomme-laque noire (shellac en anglais) se décolle. Il s'agissait d'une substance obtenue à partir de la sécrétion de cochenilles, des insectes du Sud-Est asiatique, à laquelle on ajoutait de l’ardoise en poudre et quelques gouttes de cire. La base était en coton proche du papier de Manille. Le shellac est encore utilisé dans l'industrie alimentaire (bonbons), les peintures et vernis, et en parfumerie (mascaras, rouge à lèvres, eyeliners, laques à ongles brillantes) ! Peut-être pourrait-on sonoriser ce genre de maquillage en gravant dessus quelques microsillons ?
Si l'on apprécie les mutations, rien ne vaut les aliments frais qu'on laisse pourrir. On ne peut pas s'empoisonner avec des légumes ou des fruits pourris, mais le goût n'est pas génial ! Par contre tout ce qui est animal est fortement déconseillé à partir du moment où cela tourne de l'œil et même bien avant. De toute manière je n'avais pas l'intention de lécher mes disques ni mes boîtiers de DVD, et peu de natures mortes trouvent grâce à mes yeux. Quant au sympathique verset 19 du chapitre 3 du Livre de la Genèse, j'y ajouterai que nous ne sommes que poussière d'étoile et puisqu'il faudra bien retourner au cosmos, alors autant le faire la tête haute, sans peur et sans reproche. J'ai failli écrire sans beurre et sans brioche, mais ça c'est avant qu'il faut y penser. Atomiquement vôtre.

mercredi 1 avril 2020

Le stylo anti-cons


Ceci n'est pas un poisson d'avril. Il existe bel et bien.
Le confinement fait sortir les donneurs de leçons du bois. Pas mal d'entre eux traitent les uns et les autres de cons parce qu'ils ne font pas comme ci ou comme ça, parce qu'ils obéissent aveuglément aux consignes gouvernementales, parce qu'ils les adaptent intelligemment à leur sauce, parce qu'ils prennent des risques inadmissibles, parce qu'ils auraient trouvé un remède miracle, parce qu'ils ne supportent pas leurs voisins ou que l'on ne pense pas comme eux.. Cela fait évidemment le jeu du pouvoir de monter les Français les uns contre les autres. On fustige à tour de rôle les Chinois, les Parisiens, les paysans, les musulmans, les juifs, etc. Et la délation retrouve les beaux jours de la France pétainiste...
La police verbalise un type qui va chercher des serviettes hygiéniques pour sa copine "parce que si Madame en avait vraiment besoin elle a qu’à sortir les chercher elle-même...", alors qu'il aurait fallu, comme dit ma copine, le féliciter et l'encourager. Un autre prend la même prune à 135€ pour être allé acheter Le Monde "qui n'est pas de première nécessité" et les flics lui suggèrent de grouper ses courses, pas d'acheter le journal... Un autre parce qu'il se promène à 50 mètres de chez lui reçoit sa contravention. Tous avaient des attestations en bonne et due forme. Hier je vois des jeunes en casquettes qui ont droit à la fouille au corps. Et tout cela sans masque, sans gants, en vous cramiotant au visage, comme mon gendre en témoigne pour avoir baissé sa vitre de voiture lors d'un contrôle de gendarmerie !
Chaque fois que nous sortons dans les termes de la loi nous devons imprimer ou rédiger une nouvelle attestation, ce qui gaspille un nombre incalculable de feuilles de papier. Je ne sais pas comment, mais Nicolas a compté que cela correspondrait à 200 000 arbres, rien qu'en France ! Comme certains ont également reçu l'amende pour avoir rempli leur attestation au crayon noir pour ne pas gâcher de papier, il reste le stylo effaçable... J'ignore le bilan carbone de cet outil magique, mais vu la durée probable du confinement qui risque de nous mener jusqu'à juin, cela me semble valoir le coup, d'autant qu'on lui trouvera certainement plus tard d'autres usages du même acabit. Vive le stylo anti-cons ! Et j'emmerde la maréchaussée...

vendredi 27 mars 2020

La Poste en rade, comme nous...


Évitez la Poste... Les courriers postés il y a 15 jours ne me sont toujours pas parvenus. Chez moi ou les voisins, seules quelques revues ont passé le filtre (Télérama, Beaux-Arts Magazine, Revue et Corrigée...). Aucun service de presse comme les CD ou les DVD en enveloppes à bulles ne sont jamais arrivés. Lorsque je cherche des informations sur le site de La Poste il n'est fait aucune mention d'éventuels retards. Le licenciement de quantité de postiers explique évidemment les difficultés de ce service. La dématérialisation des supports s'en trouve renforcée. Les courriers en rade refont-ils jamais surface, finiront-ils à la broyeuse, alimenteront-ils les soirées d'indélicats préposés ? C'est un des mystères de la crise...
D'un autre côté les sites web surchargés fonctionnent de manière erratique. Je n'arrive plus à me connecter à celui de Télérama qui me répond comme si je n'étais pas abonné même lorsque je suis connecté. De l'édition papier je ne lis toujours que les premières pages en m'arrêtant avant les programmes TV que je n'ai pas feuilletés depuis plus de quinze ans, mais la partie culturelle et le Petit Journal me permettent de connaître l'actualité des sorties, que je partage ou pas les points de vue des journalistes. Leurs articles ne me défrisent qu'extrêmement rarement. J'évite la presse quotidienne aux ordres.
Le courrier devrait donc représenter un des derniers facteurs qui nous relient matériellement à l'extérieur tangible. On peut aussi aller boire des coups ou prendre le thé chez les voisins, mais là c'est mort. Quant aux réseaux sociaux, il va falloir lever le pied et prendre le temps de respirer l'air frais du printemps, au moins à la fenêtre !

Mais si l'on regarde de plus près ce qui se trame, c'est la colère qui nous guette, sans que l'on puisse faire grand chose en temps de confinement. La colère est pourtant déconseillée en ce qui concerne nos défenses immunitaires. Le gouvernement a fait passer 25 ordonnances censées sauver l'économie : possibilité de travailler 60 heures par semaine dans certains secteurs, de réduire le repos compensateur à 9 heures, de travailler le dimanche et 7 jours sur 7, supprimant sciemment le terme provisoire, il laisse les entreprises imposer les congés payés sur le temps de confinement, etc.... L'interdiction des marchés (c)ouverts va asphyxier les petits producteurs, les paysans vont morfler une fois de plus et le ministre de l'Agriculture d'appeler les Français sans activité à prêter main forte aux agriculteurs ! On croit rêver. Ce gouvernement est mon pire cauchemar. Les auteurs, les intermittents du spectacle vont crever, et je ne parle pas des SDF (qui vont voir grossir leurs rangs si cela continue, et c'est parti pour durer jusqu'à juin). Pendant ce temps là, télétravail oblige, les gros richards boursicotent, rachetant les actions qui ont chuté, il n'y a pas de petit profit, au sens propre, euphémisme. Ce n'est pas la guerre, et pourtant les profiteurs de guerre ont du cœur à l'ouvrage avec Macron (et ses équivalents ailleurs), pieux représentant des banques. On peut simplement espérer que cela se paiera après les vacances d'été, lorsque les Français se réveilleront de la léthargie dans laquelle ils sont plongés de facto. Les gilets deviendront de toutes les couleurs. À moins qu'ils envoient l'armée !? Mais les beaux jours reviendront et les salopards passeront en jugement. Ou bien nous en crèverons. Parce que leur guerre a en effet commencé. Ils la déclarent à tout bout de champ, une guerre contre le peuple, et, maintenant qu'ils ont rincé les plus pauvres, la classe moyenne est dans leur collimateur... Entre les prises de conscience écologiques et politiques, cette crise planétaire ressemble bigrement à une période pré-révolutionnaire... Déjà la CGT lance un préavis de grève de toute la fonction publique (fonctionnaires territoriaux, employés de l'eau, des déchets, du logement social, sapeurs-pompiers, pompes funèbres...) du 1er au 30 avril ! Et les réactionnaires de crier au scandale, mais de ne ne pas réagir aux 25 ordonnances honteuses qui cassent tous les acquis sociaux sous prétexte du virus...

Oups ! Je me suis laissé aller. Tout cela parce que ma boîte aux lettres est vide ? Les impacts sur notre ciboulot sont imprévisibles, surtout que nous devons probablement tenir jusqu'à juin...

lundi 2 mars 2020

Jardiner bio en bandes dessinées


J'imagine que si Jean qui nous a conseillé cet ouvrage, c'est en fan de bandes dessinées plus qu'en jardinier, fut-il en herbe, encore qu'il cultive son jardin voltairien à la manière d'un autre Jean-Jacques. L'adaptation libre du livre Le Bio Grow Book de Karel Schefhout & Michel Panhuysen par Denis "Pic" Lelièvre est un puits de culture, mais j'en ai les yeux qui me brûlent après cette passionnante leçon de chimie organique propre à une saine alimentation et meilleure oxygénation. Avec humour et précision, Pic explique le cycle naturel des plantes, la vie des sols, les engrais verts, les nutriments et les engrais bio, le compost (c'est ce qui m'a poussé à acquérir cette bande dessinée de 128 pages aussi denses que la forêt primaire), les cultures en extérieur et en intérieur, l'importance de la lumière et de l'eau, les semis et boutures, la lutte contre les maladies, etc. À propos des petites bêtes qui font tout le travail en sous-sol, j'aimerais bien que mon chat Django arrête de rapporter des vers de terre à la maison lorsqu'il ne trouve pas d'autres proies. Il faudra que je revienne à cette bible en fonction de mes futures activités jardinières, mais déjà j'en sais un peu plus sur mon compost ! Je la range à côté du Guide Clause où sont répertoriées les diverses essences d'arbres. Si vous faites pousser quoi que ce soit qui se mange, vous vous régalerez de cette BD instructive... Fans de musique, ce qui ne vous empêche pas de vivre sainement, Pic dessine régulièrement dans le Journal des Allumés du Jazz ;-)

→ Denis Pic Lelièvre, Jardiner bio en bandes dessinées, Mama Edotions, 35€

vendredi 17 janvier 2020

L'orchestre-solo


Cette semaine je patauge dans les synthétiseurs vintage. Comme je dépannais Étienne venu copier une disquette système pour le clavier Ensoniq VFX-SD qu'il vient d'acquérir et dont je possède un exemplaire, il a apporté un rack Fizmo de la même marque pour le me prêter quelque temps. C'est vraiment super gentil. L'instrument a une couleur incroyable et permet en deux temps trois mouvements de moduler radicalement les sons en temps réel. Hélas, l'objet n'a pas eu le succès escompté et il a coulé la boîte. Cela arrive souvent avec les petits fabricants imaginatifs. Il suffit d'un raté pour que toute la gamme disparaisse. En plus, il faut acheter les prototypes très tôt, alors qu'ils ne sont pas totalement terminés, mais avant qu'ils soient retirés du marché.
Alors que je voulais faire écouter à Étienne mes propres programmations du VFX, clavier que j'utilise depuis 30 ans, il tombe en rade, incapable de s'auto-calibrer. Heureusement mon camarade connaît un réparateur susceptible de soigner mon précieux instrument que je viens d'ailleurs d'enregistrer pour mon prochain CD. J'en profite pour lui apporter mon vieux PPG Wave 2.2, dont la sonorité transparente reste inégalée, mais qui perd la mémoire et fait sauter les plombs chaque fois que je l'allume. En gros, nous vieillissons mieux que l'électronique, sans parler de l'informatique. À croire qu'il vaut mieux produire de la musique éphémère avec des instruments Kleenex dont la mode passe chaque année plutôt que chercher à inventer en programmant des appareils originaux aux propriétés infinies, de ceux qu'on peut pousser dans leurs retranchements, dans des zones insoupçonnées par les luthiers eux-mêmes. Chaque fois que j'entre dans un magasin de musique, je demande si de nouveaux instruments "barjos" sont sortis, mais depuis quelques années on me répond d'emblée par la négative. J'ai tout de même récemment dégotté les machines russes de Soma, mais si je comptais me racheter un ARP 2600 que Korg ressort pour le NAMM il vaut mieux que j'oublie, car les précommandes affichent partout complet.
Tout cela n'est pas très grave, j'ai suffisamment à faire avec ma panoplie d'homme-orchestre. En définitive c'est peut-être le terme qui me définit le mieux. Homme-orchestre du XXIe siècle ? Il faut bien que j'actualise le terme, sinon on pensera que j'ai une grosse caisse attachée sur le dos. Au jeu des comparaisons je tiens plutôt du croisement de la tortue et du lièvre. La maison d'un zébulon. Les anglo-saxons préfèrent le terme one-man-band. Traduit, "L'orchestre solo" ? Comment expliquer que je joue autant d'instruments virtuels sur mon ordinateur que de multiples claviers analogiques et numériques, auxquels s'ajoutent quelques centaines d'instruments acoustiques ?
Revenons à nos moutons électriques. Tout content de retrouver les valises de mes synthétiseurs du siècle dernier au grenier pour les apporter au docteur, je découvre que la mousse intérieure de celle du PPG tombe en poussière. Lorsque j'y mets la main, elle imprime sa forme comme dans la neige avant de s'éparpiller en poudre inquiétante. Toutes les mousses ne se désagrègent pas ainsi, mais après 20 ou 40 ans cela arrive de plus en plus souvent. Mes bonnettes de microphones furent les premières à s'effriter. J'ai cherché en vain la composition des unes et des autres sur le Net. Certaines résistent au temps, d'autres pas. C'est comme tout. C'est comme nous.

Illustrations : collection Sacha Gattino

mardi 19 novembre 2019

Arnaque


Vous croyez admirer un canard, mais renversez-le et vous découvrirez l'arnaque. En 1980 Bernard Vitet nous avait appris un subterfuge que nous avions trouvé très amusant et que nous avions utilisé dans la pièce Crimes Parfaits d'Un Drame Musical Instantané. Il avait enregistré sa voix à l'envers, puis il avait retourné la bande magnétique. On avait l'impression d'une bande passée à l'envers, mais on comprenait tout ce qu'il racontait. Moins par moins égale plus. Il fallait d'ailleurs toujours conserver les premières prises, car notre camarade s'y entendait si bien que l'on finissait pas ne plus percevoir l'effet de (fausse) voix renversée. Dans la cas présent, prononcez "canard", appliquez l'effet reverse et vous auriez pu entendre "arnaque" si je ne vous avais pas blousés. Parce que canard à l'envers ne donne pas "arnaque", mais "ranaque" ! Il aurait fallu prononcer "cannera", mais mon introduction n'aurait plus tenu debout. Je vous l'avais annoncé : arnaque !
Celle de samedi dont j'aurais pu être victime est un classique. Une certaine Clarisse Duvalier, résidant 7 avenue de la Grande Armée à Ajaccio, me commande la collection de l'Avant-Scène Théâtre (1954-1960) que j'ai mise en vente sur LeBonCoin en me demandant d'y ajouter le prix du port via Colissimo. Elle est pressée de conclure l'affaire, mais préfère passer directement par Paypal, et non par LeBonCoin, car "avec Paypal, fiable, sécurisé et rapide, pas besoin de communiquer vos coordonnées bancaires", d'autant que son compte bancaire ne serait "pas relié à son compte LeBonCoin, par conséquent le paiement via l'application LeBonCoin est impossible pour elle" ! L'arnaque consiste à envoyer ensuite un faux mail de PayPal stipulant avoir bien été crédité. Si l'on ne vérifie pas son compte en se connectant directment au site, on se fait évidemment avoir. L'adresse est une boîte aux lettres à la porte d'un lycée sur l'Île de Beauté (pas la porte à côté !) et j'imagine que l'arnaqueuse ira chercher l'imposant colis à la Poste avec une fausse pièce d'identité, à moins que ce soit un peu plus retors.
J'avais déjà été la cible de cette même arnaque il y a quelques mois. J'ai l'impression que la moitié des centaines de mails que je reçois chaque jour consiste en des tentatives frauduleuses. Il est facile de se laisser prendre au phishing si l'on ne vérifie pas l'authenticité des protocoles. On sait qu'il ne faut jamais se connecter au web via les applications de mail, mais il y a bien d'autres coups tordus comme par exemple les publicités sur FaceBook. La plupart du temps, l'objet de vos désirs y est proposé beaucoup plus cher que si vous le cherchiez vous-même simplement sur le Net. Et puis il n'y a pas que sur le Net qu'on puisse se faire escroquer. Lorsque j'étais jeune homme j'avais acheté un piano qui n'existait pas et une veste en daim qui était en suédine. Nous avons tous et toutes été victimes un jour ou l'autre de personnes sans scrupules qui jouent sur la confiance, ce qui peut rendre terriblement triste. Je préfère franchement les voleurs à la tire qui n'exercent aucun chantage affectif...
Je conclurai en précisant que mon canard est un animal empaillé, photographié dans une école de Victoria en Transylvanie, et que son air renfrogné ne correspond absolument pas à ses intentions véritables.

lundi 4 novembre 2019

La météo depuis la cime des arbres


Cet été à Victoria en Transylvanie, lorsque nous sommes redescendus du clocher de l'église Sf. Împărați Constantin și Elena où j'avais enregistré la simandre, le pope m'a demandé si je savais à quoi servait la baguette accrochée sur sa guérite. Il était tout fier de m'expliquer que cette cime de pin est un baromètre. Selon l'inclinaison du rameau il peut prévoir la météo. C'est un peu le principe de la pomme de pin qui s'ouvre lorsqu'il va faire beau, pas si différent des hygromètres traditionnels où un cheveu fait le même office. J'ignore comment travaillent les météorologues qui se trompent souvent. Se basent-ils sur des informations envoyées par des satellites ? Les croisent-ils avec une grenouille emprisonnée dans un bocal ? Font-ils confiance à leurs rhumatismes ?
Dans cette période de bouleversement climatique où la Terre se réchauffe dangereusement, où le changement de route du Gulf Stream pourrait donner à la France le climat du Canada, j'ai pris l'habitude d'aimer tous les temps. Pour ma peau, pour le jardin. Mais plus loin, au sud, c'est la mort que sèment le soleil ou les vagues. Les mouvements migratoires de masse seront impossibles à contenir. Il faudra apprendre à vivre autrement, à partager vraiment. Et l'on aura toujours besoin du système D, sans pour autant devenir d'agressifs survivalistes, en cherchant des alternatives à nos vies de fous, consommateurs compulsifs manipulés par quelques profiteurs sans scrupules, comme si ces exploiteurs criminels pouvaient échapper à leur propre suicide. Et bien voilà, on part d'une petite baguette de pin et l'on se retrouve avec la fin du monde !
C'est le sujet de l'album que j'enregistre en ce moment en coproduction avec le Musée Ethnographique de Genève. En 1994 j'avais écrit le scénario d'un film sur cette entropie à partir d'un roman de C.F. Ramuz, mais à l'époque personne ne voulait en entendre parler. Aujourd'hui c'est devenu la tarte à la crème des blockbusters, mais elle a un drôle de goût, plutôt rance. Ramuz est un de mes auteurs favoris, une des plus belles plumes de la langue française, avec un rythme qui n'avait pas échappé à Stravinsky puisque ce sont ses mots dans Renard, L'Histoire du soldat et la version française des Noces. C'est aussi l'une des clefs de l'œuvre de Jean-Luc Godard, sans que cela ait de rapport avec le Jean-Luc persécuté de l'écrivain vaudois ! En attendant, il pleut, c'est tout ce qu'il sait faire, comme le chantait Brigitte Fontaine.

mercredi 25 septembre 2019

Manuel de survie en cas d'effondrement de notre civilisation


Avant de vider définitivement l'appartement de mes parents j'ai récupéré quelques cahiers parmi la quantité phénoménale de livres, sept mille pour tout dire. Les uns ont été vendus, d'autres donnés, mais j'en ai conservé quelques uns qui me rappelaient mon enfance, en particulier ceux ayant trait à mon passage aux Louveteaux. Tous les jeudis, certains week-ends et lors de vacances, je pratiquais le scoutisme aux Éclaireurs de France, une troupe que dirigeait un jeune couple, rue d'Alésia d'abord, puis dans le fond de la rue de Nevers. Ils portaient les totems de Fennec et Akela. J'habitais alors rue Léon Morane dans le 15e arrondissement et je me rappelle être rentré plusieurs fois avec le grand mât de la troupe sur la plateforme arrière de l'autobus. On ne peut pas imaginer le plaisir que nous avions à voyager en plein air sur ce bacon mobile d'où l'on pouvait descendre en marche lorsque le receveur ne nous regardait pas. Ces jours-là je portais un uniforme bleu, un foulard jaune et évidemment des culottes courtes. De 8 à 11 ans, j'ai ainsi appris et testé la manière de vivre, à la fois morale et pratique, que m'avaient inculquée mes parents et que j'allais adopter au cours de ma vie. Je suis rapidement devenu sizenier, et, le plus jeune de France, je fus présenté à la petite fille de Baden Powell sur la scène de la Salle Pleyel. C'était déjà une vieille dame, le fondateur du scoutisme, né en 1857, étant mort en 1941.
Mon Manuel de l'éclaireur, sous-titré L'ami du campeur, publié en France en 1947 par les Éclaireurs unionistes d'inspiration protestante, prétend "développer chez les garçons la curiosité saine de la nature et des hommes. Il s'efforce de les pousser à «entreprendre» et à «réaliser»." Ce livre dont la première version remonte à 1914 n'est donc pas exempt de sexisme. Si les filles furent intégrées très rapidement au mouvement, Baden-Powell considérait que les garçons étaient des éclaireurs et les filles des guides. On notera la nuance ! Heureusement ma troupe n'était pas seulement laïque, elle était mixte, ce qui me valut, entre autres, mes premiers émois sexuels lors d'un camp à Belle-Île lorsque j'avais 11 ans. Entré aux Louveteaux à l'âge de 8 ans, je ne désirai pas poursuivre le scoutisme aux Éclaireurs l'année suivante. C'est à cette époque que je pris ma carte de Citoyen du Monde ! Si l'on fait abstraction de ma prédisposition obsessionnelle, ces trois ou quatre années aux Louveteaux et mon travail de premier assistant à la sortie de l'Idhec sont la base de mon imparable organisation.
Il était nécessaire que je resitue le contexte, mais en ouvrant ce livre je suis surpris de la somme d'idées pouvant nous permettre de survivre dans une perspective collapsologique ! Passé le chapitre sur la France, celui sur les arts me donne des pistes sur ce qui a pu m'inspirer alors que j'étais enfant. Celui sur le sport a quelque intérêt également, mais les choses deviennent sérieuses avec celui sur la santé. Hygiène de vie, sauvetages en tous genres, du cheval emballé au chien enragé, de l'électrocution aux troubles digestifs, on frise le Manuel de survie que ma fille m'avait offert il y a longtemps avec beaucoup d'humour. On y trouvait Comment sauter dans un train en marche quand on se trouve sur le toit, Comment survivre à une morsure de serpent venimeux, se débarrasser d'un requin, échapper à un puma, un alligator ou des abeilles tueuses, Comment gagner un combat à l'épée, encaisser un coup de poing, sauter d'un immeuble dans un container, faire une trachéotomie, détecter un colis piégé, faire atterrir un avion, survivre à un tremblement de terre ou à un naufrage, etc. Là ce serait plutôt comment construire une cabane, faire des nœuds, camper par tous les temps... Les chapitres Voir sans être vu et Transmissions sont évidemment passionnants, avant d'aborder ceux sur la nature qui concernent les animaux, les plantes, les roches, le climat et ce que l'on peut en tirer. L'exploration pourrait devenir un jour déterminante, comme Le Travail des hommes et Les bricolages puisqu'il s'agit de construire tout ce qui peut nous permettre de survivre dans la nature ou en l'absence du confort moderne. Cette perspective d'effondrement de la civilisation industrielle et du capitalisme devient de plus en plus probable sans que l'on sache très bien quand cela se produira, et si j'en verrai les effets.
Ce manuel tombe donc à pic au moment où j'attaque mon nouveau projet discographique intitulé Perspectives du XXIIe siècle. Coproduit avec le Musée Ethnographique de Genève (MEG) et les Archives Internationales des Musiques Populaires (AIMP), il y est question de repartir à zéro en revoyant les bases à la lumière des erreurs fatales du passé. Cette éventualité est plutôt sympathique, puisqu'elle envisage qu'il y aura des survivants !

mercredi 11 septembre 2019

Tant bien que mâle


J'aurais pu écrire un énième article fustigeant le machisme toujours prégnant, des gars qui s'étalent, abusent de leur position de force ou de leurs prérogatives sociales, mais la question ne concerne pas que l'espèce humaine. J'ai mis hors d'état de nuire le matou qui a fait sauter les plombs de toute la maison en marquant son territoire sur une prise de courant de la cuisine. Le voyou qui terrorisait Django et Oulala, que des opérations ont rendus stériles, manœuvre qui devrait inspirer quelques mâles sexuellement incontinents, ne pourra plus empuantir le cellier ni le rez-de-chaussée. Loin de moi l'idée d'en rajouter en lui faisant du mal. Mes chéris ont la délicatesse de faire leurs besoins dans les jardins avoisinants. J'ai donc installé deux chatières électroniques ne laissant passer que les chats autorisés. Il leur suffit de présenter leur puce d'identité devant la trappe pour qu'elle s'ouvre automatiquement. Tout le monde peut sortir, mais ils sont seuls à pouvoir entrer.
N'étant pas du tout bricoleur, l'installation tint à la fois de l'exploit et du miracle. À la cave le trou existant était trop grand. au rez-de-chaussée il était trop petit. J'ai dû combler l'espace qui aurait pu laisser passer des petites souris, encore qu'en général elles pénètrent chez moi dans la gueule de Django, et attaquer au burin l'épais mur du salon. J'ai bêtement commandé pour rien une extension de tunnel, préférant conserver la chatière extérieure, question d'isolation thermique et de minimisation des travaux terrassiers, et insérer en force la nouvelle à l'intérieur. Évidemment celle-ci n'est pas d'équerre, mais ceux ou celles qui me connaissent peuvent imaginer le sentiment de victoire qui m'anime lorsque je réussis à bricoler un truc qui tient tant bien que mâle. Après avoir retaillé le morceau de gazon synthétique qui sert de tapis-brosse aux bottes de sept lieues des félins entre les deux portillons, j'ai testé les équipements avec les intéressés qui ont commencé par faire la gueule, mais se sont vite habitués à montrer patte blanche. La moindre contrariété peut modifier leur comportement !


Ainsi, si un chat se met à pisser quelque part, ce qu'il ne faisait jamais "au paravent", il faut toujours se demander ce qui a changé. Cela m'est arrivé avec Scotch qui faisait ses besoins dans la douche depuis que l'on avait fermé la porte d'une des chambres. Il avait suffi de la rouvrir pour qu'il cesse cette pratique détestable. Je cherche actuellement une idée pour que mes zozos arrêtent de me prendre pour le portier, en miaulant pour que je les fasse entrer ou sortir à tout bout de "chant", et choisissent d'utiliser plus souvent les équipements qui m'ont coûté les yeux de la tête et la sueur de mon front.

vendredi 6 septembre 2019

Dormir ?


Vais-je enfin pouvoir dormir ? J'en doute. D'abord parce que j'ai l'habitude de dormir peu. Quatre heures et quart me suffisent. Il m'arrive néanmoins d'avoir des insomnies nocturnes. Plutôt que me retourner désespérément dans tous les sens dans mon lit, je me lève et vais travailler une heure ou deux. Je retrouve le sommeil aussitôt ! D'ailleurs le soir je m'endors en trente secondes. Par contre le matin, le soleil me réveille, d'où l'installation d'un volet roulant. Dans les hôtels où les chambres sont dans l'obscurité totale je dors plus tard le matin. Si on ne le ferme pas tout à fait, le volet laisse passer l'air du dehors. La télécommande permet aussi de l'arrêter en marche et de ne pas le fermer jusqu'en bas. Au milieu de la nuit il suffit parfois que je marche trois minutes sur un tapis de réflexologie pour retrouver les bras de Morphée. Je m'allonge bien dix minutes chaque soir sur un tapis de fleurs, le Shakti Mat hérissé de pointes qui me transforme en fakir. Ainsi mon dos se repose et je ronfle moins. On verra à l'usage... Le petit fil qui dépasse correspond au thermomètre que j'ai accroché à l'intérieur il y a vingt ans et dont je n'ai encore jamais changé les piles. Mais la grande question est celle de l'appréhension du sommeil. Suis-je si heureux de me réveiller et d'aller travailler comme je le prétends ou est-ce la crainte de la mort ? J'ignore pourtant la peur du noir (la preuve !) comme j'aime le silence. Il est vrai que le silence n'existe pas. Il y a toujours le murmure de la ville ou le chant de la nature, au pire le son de mon sang qui circule dans mes veines...

mardi 3 septembre 2019

Le rouquin faisait sauter les plombs


Nous étions à Bucarest lorsque mon voisin, passé nourrir Django et Oulala, m'appelle pour me dire que les plombs de la maison ont sauté à cause du réfrigérateur et que les glaces Berthillon ont fondu. Je n'ai évidemment pas tous les détails, mais cela sent la catastrophe, avec serpillères et déménagements. Pascal a heureusement sauvé la majorité du contenu du congélateur. Or chaque fois qu'il remplace les fusibles, cela disjoncte. Comme l'appareil a vingt ans j'en commande un aussitôt, suivant les suggestions du magazine Que Choisir, pour ne pas nous retrouver trop longtemps sans réfrigérateur. Il fait encore plus de 30°C dehors. Rentrés à Paris, je m'aperçois que la largeur du nouveau "frigo américain" est de 92cm au lieu des 82 de l'ancien, et qu'il ne rentrera pas dans l'espace qui lui est alloué. J'annule donc la livraison et la commande. Après recherches sur Internet, je suppose que le compresseur est hors-service, que la résistance de dégivrage dysfonctionne ou que le ventilateur est en panne. Alors que je tourne désespérément autour de la question, je m'aperçois que le matou roux qui tape l'incruste de temps en temps a giclé sur les murs de la cuisine. Mes deux chats ayant été opérés n'ont pas cette nauséabonde pratique ni le tonus de s'opposer à l'intrus qui passe parfois la nuit par les chatières que j'ai installées à l'avant et à l'arrière du pavillon. Apercevant trois petites coulées sous une prise électrique, j'ai l'idée de la démonter, découvrant alors que cet horrible individu a réussi à couper le courant de toute la maison en marquant un territoire qui n'est même pas le sien. J'en ai profité pour nettoyer mon vieux frigo de fond en comble qui est reparti comme si de rien.
Un dépanneur m'avait prévenu que, même très âgé, il fallait mieux le faire réparer en cas de panne, plutôt qu'en racheter un nouveau. En effet il date d'une époque où les machines n'étaient pas construites selon la règle de l'obsolescence programmée. Les mêmes appareils ou équivalents ne tiennent que quelques années et les constructeurs ne sont tenus de fabriquer les pièces de rechange que pendant sept ans après leur sortie sur le marché. Il ne me reste plus qu'à faire l'acquisition de chatières électroniques interdisant l'entrée à d'autres félins que les miens. Lorsque je dis "les miens", les humains domestiqués comprendront l'ambiguïté du renversement. Cela fonctionne grâce aux puces dont ils sont équipés. Me voilà donc allongé par terre à installer ces portillons censés nous délivrer des odeurs acres des anciens amants d'Oulala...

lundi 17 juin 2019

Cafouillage informatique


Article seulement pour geeks Macophiles. Les autres, à demain ! Ou bien rattrapez les billets qui vous ont échappé ;-)
Je m'en doutais. Juste après avoir installé une mise à jour d'une application VPN, plus aucune connexion Internet ne fonctionnait. J'ai cherché dans tous les sens jusque tard dans la nuit sans trouver la solution. Le lendemain j'appelai Apple Assistance qui comme chaque fois répond diligemment. Sauf que, passé les mêmes tests que les miens, leurs solutions sont draconiennes. Leurs techniciennes me suggèrent d'abord de réinstaller le système (Command-R) et comme cela ne marche pas d'effacer le disque dur après avoir fait une copie de sauvegarde, etc. Les techniciens/ciennes ne s'ennuient pas trop en proposant ces mesures, au mieux, terriblement chronophages. En désespoir de cause j'appelle mon camarade Francis qui est plus calé que moi en la matière. Ses tests sont toujours logiques. Il faut dire que j'ai déjà déplacé le Mac pour qu'il intercepte le wi-fi, car je le branche habituellement en Ethernet pour une question de distance, et que les préférences Réseau indiquent bien que je suis connecté avec une adresse IP. Pourtant aucun site n'est accessible. J'avais bien pensé que cela pouvait venir d'un bug au niveau des DNS, mais je n'osais pas les effacer. Francis m'y encourageant, tout est revenu dans l'ordre, j'ai rebranché mon bardas de fils, réinstallé Tunnelblick et retrouvé le sourire. Face à cette dépendance de la technologie nous sommes bien peu de choses. Cette inquiétude est bien plus grave qu'une panne momentanée.

vendredi 5 avril 2019

Petit commerce


Je souhaite me séparer d'un paquet de livres qui appartenaient à mon père. J'ai mis des annonces sur FB, mais j'ai l'impression que son moteur exclut ce genre d'opération à cause du motif, alors je les reproduis ici en espérant passer le blolage !
LIVRES DE SCIENCE-FICTION :
- Revue Fiction Magazine (1953 à 1987) N°1 à 374 + Numéros spéciaux Bis
- Revue Satellite (1958-1963) N° 1 à 38 / 42 à 46 / 9 suppléments
- Galaxie Magazine (coll. complète 1964-1977) N°1 à 158 + numéros spéciaux bis
- Quantité de livres des collections Rayon Fantastique (Hachette/Gallimard), L'Étrange (Robert Laffont), L'énigme (Hachette), Anticipation (Fleuve Noir), Press Pocket, Marabout, J'ai Lu, Anthologie de l'Imaginaire 1 à 15 (Opta Marginal), Edition Spéciale (JC Lattès), gros volumes chez Casterman, etc.
De grands auteurs : Ursula Le Guin, Sturgeon, Herbert, Spinrad, Van Vogt, Asimov, Ballard, Dick...
- En italien (!) I Romanzi di Urania
- En portugais (!) Os Grandes Ronances de Ficçãà Cientifica
REVUES POLICIÈRES
Hitchcock Magazine, Mystère Magazine, Magazine de Mystère !
LE GÉNIE CIVIL, REVUE GÉNÉRALE HEBDOMADAIRE DES INDUSTRIES FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES, 47 vol.reliés illustrés, 1915-1937, entièrement illustrés, une merveille ! 28x36cm - 1,65m linéaire
- Théâtre de Pierre CORNEILLE, 12 vol. reliés, Ladrange 1827, avec le commentaire de Voltaire et les jugements de La Harpe...
- COUTELINE, 8 volumes reliés, ed. du Trianon 1930, demi chagrin marron à coins, 5 nerfs, titre et auteur en doré, tranche supérieure dorée. Aquarelles et dessins de Joseph Hémard en et hors texte. Couverture originale conservée.
DES LIVRES ÉROTIQUES RARES ET DES PHOTOS DES ANNÉES 50
- Valentine Penrose, Dons des féminines, Préface de Paul Éluard, Librairie Les Pas Perdus, Paris, 1951 – n°146
- Liane Laure : Jacinthe ou Les images du péché – héliogravures P.Beloti – Aux Galants Passe-Temps 1934 n°407/1200 sur Vergé Antique Hollande orné de 15 héliogravures - Jan Brzekowski – Les murs du silence – ill. Fernand Léger – ed. Caractères
- Barnum Digest – Boris Vian & Jean Boullet – Aux deux menteurs
- Georges Bastia – Le zoo des vedettes - lithographies – signé n°151/450 ed. Héracléïa 1947
Etc. !

mercredi 27 mars 2019

7. Données, comment les manipuler ?


Tout est question d'organisation. Même l'inconscient est structuré comme un langage, avançait Jacques Lacan ! Je retrouve mon propre système lorsqu'il s'agit d'inventer quoi que ce soit. Je fais des listes que je croise les unes avec les autres. Comportement obsessionnel, me direz-vous, et vous aurez raison, mais cela fonctionne à merveille en ce qui me concerne, mettant un cadre à mon imagination débordante ;-)
Cette méthode pallie aussi ma mémoire forcément limitée. Plus jeune je rédigeais des fiches cartonnées, je suis ensuite passé à la base de données grâce à l'application FileMakerPro, j'ai heureusement indexé mes centaines de CDR sur Tri-Catalog, aujourd'hui le système de recherche Spotlight me tire souvent d'affaire, et puis Internet est devenue une formidable source souvent plus compétitive que ma collection de dictionnaires et d'encyclopédies. En fait tout cela est complémentaire. Comme pour les listes il faut croiser les sources pour avoir une vision plus juste de ce qui nous intéresse...


Si vous désirez voir ou revoir l'ensemble des 7 petits films, c'est !

jeudi 21 mars 2019

6. Réseaux sociaux, le monde est-il si petit ?


Des textes rédigés par Sophie de Quatrebarbes et Sonia Cruchon pour notre série SNT j'apprécie les bémols qui mettent en garde contre les dangers d'Internet ou plutôt ses chimères. Ainsi les réseaux sociaux ont maints avantages, mais aussi quelques inconvénients ou du moins des leurres. Les amitiés sur FaceBook ne sont que virtuelles. Cela n'empêche pas de sortir IRL (In Real Life), dans la vraie vie, et de se confronter à des situations qui nous sortent de notre zone de confort. D'un autre côté, les réseaux sociaux offrent de nous regrouper par sujets d'intérêt, voire d'avoir accès à des informations que la plupart des médias de presse censurent pour presque tous appartenir à un courant de pensée dicté par des banquiers et des marchands d'armes ! Selon comment on les utilise ils peuvent par exemple nous aider professionnellement ou devenir le support d'un contre-pouvoir. La question des fake news est sérieuse, mais elle n'est pas différente des médias traditionnels aux ordres des gouvernements.


Notre petit film explique simplement comment fonctionnent techniquement les réseaux sociaux...

mardi 19 mars 2019

5. Internet, IP un protocole universel ?


Comme Guillaume, l'idée du pigeon voyageur m'a toujours emballé. Quoi de plus poétique pour envoyer une lettre d'amour par exemple ? Je n'ai évidemment jamais pu concrétiser ce rêve, alors je me console avec une lettre manuscrite ou bien une carte postale dont l'image suggèrera de subtiles interprétations, ajoutant le timbre-poste, dit de collection, en accord avec mon message...


La voix de la Hotline explique à Guillaume le raisonnement analogique qui a permis d'adapter Internet avec ses adresses IP et comment envoyer ses informations par les tuyaux du Net. Découpage en petits paquets à rassembler ensuite grâce au TCP (protocole de contrôle de transmissions) ou à l'UDP (protocole de datagramme utilisateur), etc.

jeudi 14 mars 2019

4. Photographie numérique, du réel aux pixels ?


Si les pixels sont nombreux, j'essaie d'être le plus sobre possible dans l'accompagnement musical de notre série sur les SNT, Sciences Numériques et Technologiques, programme destiné aux professeurs des classes de seconde.


Comme le racontait Jacques Prévert dont notre équipe réalisa la websérie Prévert Exquis : «... elle ne se laisse pas faire, la pomme, elle a son mot à dire et plusieurs tours dans son sac de pomme, la pomme, et la voilà qui tourne dans une assiette réelle, sournoisement sur elle-même, doucement sans bouger, et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz parce qu'on veut malgré lui lui tirer le portrait, la pomme se déguise en beau fruit déguisé, et c'est alors que le peintre de la réalité commence à réaliser que toutes les apparences de la pomme sont contre lui...» Nos pixels seraient-ils en définitive «les terrifiants pépins de la réalité» ?!