Jean-Jacques Birgé

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mercredi 28 février 2007

En chantier


Rien n'est fixé pour toujours.

lundi 19 février 2007

OGM

Un reportage accablant sur le danger des OGM, diffusé l'année dernière sur Canal+, circule sur le Net. Vous l'avez probablement déjà reçu. Sinon, le voici... [P.S.: cette vidéo ayant été effacée je la remplace par la conférence de Christian Velot].


En complément, Cédric m'indique une vidéo de Christian Velot, Maître de Conférences en génétique moléculaire (Université PARIS XI), chercheur à l'Institut de génétique et de microbiologie (Centre Scientifique d'Orsay).
Sur les commentaires de dailymotion, j'attrape au vol un extrait d'une candidate à la Présidence de la République : « La question environnementale est étroitement liée à la question démocratique. Quand il y a un mensonge dans le domaine de l'environnement, alors il y a une régression environnementale. Dans tous les mensonges qui nous ont été racontés sur le nuage de Tchernobyl, sur l'amiante, sur les maladies professionnelles, on sait qu'aujourd'hui, en France, il y a trois millions de salariés exposés à des risques industriels liés à l'environnement. Tous les mensonges ont été dits sur la pollution des sols avec les déchets industriels. Tous les mensonges sont dits sur les OGM. » Ségolène Royal, Rennes, 29 juin 2006.
Comme si les discours électoraux étaient suivis d'effet ! Comme si la droite était la seule à nous bourrer le mou. On restera donc vigilants... Des fois qu'une femme, la première, soit élue à la place du petit caporal (nato l'intronise déjà Napoléon IV, c'est aller un peu vite en besogne)... Ceci n'est absolument pas un appel à voter pour qui que ce soit (voir à ce sujet l'excellent billet dominical de nato sur son blog flambant neuf !). De toute façon, ce n'est pas à l'Élysée que cela se décide, ni même à Bruxelles... Monsanto est grand et Bush est son prophète.

vendredi 16 février 2007

Au four et au moulin


Voilà t'y pas que je me retrouve à écrire deux blogs au lieu d'un. Depuis quelques semaines, j'essaie d'initier celui des Allumés en m'y collant pour montrer l'exemple aux labels de disques adhérents, 42 rédacteurs potentiels. Seul Linoléum a saisi la balle au bond, comprenant les enjeux de cet espace de liberté. J'ai commencé par mettre en ligne les grands entretiens du Cours du Temps. J'ai moi-même réalisé ou cosigné ceux de François Tusques, Bernard Vitet, Steve Lacy, Jacques Thollot, Michel Portal, Fred Frith, Archie Shepp, Guy Le Querrec... Il manque les magnifiques photos de Le Querrec, mais le Journal complet est téléchargeable au format pdf. Parallèlement, j'ai mis quelques billets en ligne dans les différentes rubriques : Radio Allumée (on peut maintenant écouter gratuitement de la musique d'un catalogue riche d'un millier de références !), Les sujets qui fâchent, Penser la musique aujourd'hui, Actualité des labels... J'ai illustré tout cela pour bien montrer que cela pouvait être attrayant, et même inséré un extrait sonore dans un petit lecteur mp3 très simple d'utilisation puisqu'il suffit de cliquer... Hier, j'ai mis en ligne un billet sur l'entreprise de sabordage de la Fnac. J'aurais pu l'écrire ici, je l'ai publié là-bas.

On ne sait plus où donner de la tête. Les majors veulent la peau du disque (il y a des secteurs au profit plus juteux), la Fnac suit le mouvement (40% de postes de disquaires à supprimer), les sociétés d'auteurs sont aveugles et pactisent avec l'industrie, les intermittents tombent comme des mouches. La vie est dure pour les indépendants, allez savoir pourquoi ! Anne Montaron, productrice à la radio d'une des rares émissions de musique vivante (orientée jazz, improvisation et nouvelles musiques) annonce ce matin que la direction de France-Musique a décidé de suspendre l?émission À l?Improviste (nocturne comme diurne) à partir d?avril : "cette musique plombe la chaîne et n?a pas de public"... Le pouvoir, lorsqu'il entend le mot culture, n'a même plus besoin de revolver. En douceur, on vous dit.
Si de nouvelles musiques ne naissent pas de tant de mépris et de brutalité, c'est que nous sommes tous complètement abrutis.

Photogramme tiré de mon film Idir et Johnny Clegg a capella, manifestation contre l'assassinat de Chris Hani, Johannesburg, avril 1993.

Soutien à Anne Montaron.

mardi 13 février 2007

Droit dans le mur


Depuis des mois, Françoise souhaitait acquérir un divan avec méridienne pour pouvoir regarder les films allongée. Comme j'ai déjà du mal à rester éveillé assis, je n'étais pas pressé. Je ne m'endors pas franchement, mais je pique du nez ; c'est frustrant, mais non réparateur. Depuis Noël, la décision était prise et nous avons regardé ici et là les canapés d'angle pour échouer hier chez Ikéa. La qualité n'y est pas géniale, mais au moins ça ne coûte pas cher. De toute façon, nous ne voulions pas de cuir qui colle aux fesses et n'avions ni les moyens ni le désir de nous offrir un truc luxueux. Alors autant faire simple ! Ce n'est pas Disneyland, mais vous connaissez forcément l'enseigne suédoise qui exploite et conditionne ses salariés. On y va pour un divan en L et on en revient avec une passoire que l'on peut poser au-dessus de l'évier, un grand pot de fleurs gris foncé ovale, des serviettes en papier assorties à la salle à manger, des prises multiples hi-tech sous globe plastique orange, une palette très large pour attraper les aliments au fond de la poêle, une brosse à vaisselle à ventouser sur le mur carrelé, etc. Et, après être passé par le rayon alimentation pour le poisson en tube et avoir attendu des heures au comptoir "retrait des marchandises" il faut faire rentrer tout ça dans l'Espace. Une astuce pour gagner une heure : passer une première fois en caisse avec les articles à retirer (un simple bon de commande) et retourner acheter les petits accessoires pendant que votre numéro est affiché par des employés trop peu nombreux. La compression de personnel se fait d'ailleurs aussi sentir dans les rayons. Si vous ne trouvez pas le prix d'un article, mieux vaut l'embarquer à bord de sa poussette et le laisser à la caisse si ça ne vous convient pas, un bac étant prévu à cet effet. D'ailleurs, tout est prévu chez Ikéa, on a l'impression d'appartenir soi-même au système suédois, ce qui explique le taux de suicide, ou du moins celui de l'ennui.
Après avoir évité les embouteillages de l'autoroute en passant par la banlieue, une heure de plus de transport que d'habitude, mais tellement plus "pittoresque" (une horreur en vaut une autre), il faut se coltiner de décharger les poids et haltères et monter le divan au premier. Argh ! Après avoir rayé le sol, défoncé les murs et le plafond, ratiboisé les marches de l'escalier, on se bousille le dos, les doigts et la santé à monter soi-même le kit vendu sans mode d'emploi. Quatre heures plus tard, vous êtes récompensés, même si vous n'avez pas réussi à fixer toutes les vis (encore faudrait-il qu'elles soient en face des trous), allez, ça tient... Il n'y a plus qu'à descendre le vieux divan dans le studio pour que mes clients ou camarades puissent s'endormir tranquilles pendant que je travaille sur le G5. C'est reparti pour un tour, en passant par le jardin !


Tout ça finit par un bon bain, un coup de Ventoline et deux di-antalvic ou son générique. Ce n'est pas vrai, j'ai résisté aux analgésiques, mais je ne suis pas certain d'avoir bien fait. Ce matin, je ne peux plus bouger ni poser un genou en terre. À force d'amorcer les vis avec les doigts, j'ai l'impression d'avoir les articulations écorchées vives. Après un dîner hébété, nous étrennons le nouveau dispositif devant un dvd acquis il y a longtemps et que je n'avais jamais regardé, craignant sa lourdeur rocky bien que ce soit une référence pour nombre de mes plus jeunes camarades. The Wall, d'Alan Parker sur un scénario du bassiste de Pink Floyd, Roger Waters, est une long clip d'une heure quarante-cinq plutôt réussi. Les animations du caricaturiste Gerald Scarfe sont formidables, le scénario plutôt sympa (mise en garde de la starification débouchant sur une fascisation et introspection sur le déséquilibre émotionnel des artistes), la musique beaucoup mieux que je ne craignais (j'étais un fan des premiers Floyd, jusqu'à Umma Gumma, abandonnant le groupe lorsqu'il est passé du psychédélisme planant au hard rock mou)... Après 25 ans, le film n'a étonnamment pas pris une ride. L'imbrication des époques, la façon de filmer et de rythmer le montage, le sujet, l'interprétation, le travail graphique en font une "comédie" musicale (dans les bonus, Waters fait remarquer que ça manque furieusement du moindre humour) intemporelle.

lundi 5 février 2007

Aura voté


Même si je ne suis pas dupe du jeu électoral, de ses manipulations et de ses mensonges, même si je n'ai jamais pu voter pour un candidat qui défende mes idées politiques et sociales, même si la prétendue démocratie est un canular démagogique, je n'ai jamais manqué de glisser une petite enveloppe dans l'urne. La vie est beaucoup plus dure dans les pays où l'on ne vote pas. En participant à cette mascarade, je rends hommage aux femmes et aux hommes qui ont donné leur vie pour que chacun puisse exprimer sa préférence.
J'ai toujours voté contre, sans aucune illusion. Au premier tour, mes candidats les moins pires n'ont jamais récolté beaucoup de suffrages. Au fil des années, j'ai accordé de moins en moins d'importance au vote, décidant dans l'isoloir pour qui j'allais voter. La politique ne se fait plus au niveau national, les gouvernements ont perdu leur pouvoir, les décisions se prennent à un niveau européen ou mondial, et ce ne sont plus eux qui dirigent le monde, mais une petite armée d'industriels et de banquiers. Je lis les papiers qu'on nous envoie avant les élections et je vote en fonction de ce qui est écrit noir sur blanc. Je le fais consciencieusement. C'est la raison pour laquelle j'avais voté contre le Traité de Maastricht, parce que je l'avais lu. C'est la raison pour laquelle j'ai voté contre la Constitution européenne, parce qu'elle était illisible. Quel cynisme peut faire voter une population sur un texte qu'il est impossible d'assimiler ? Les présidentielles sont plus simples, on élit une personne, sur son sourire, son sex appeal, ses arguments sécuritaires... Sur une politique ? J'en doute. Aucun candidat n'aborde la question primordiale, celle de la culture, ce sur quoi est bâtie une morale, une société.
De toute façon, j'ai progressivement perdu le goût pour la politique intérieure au profit des grands mouvements historiques planétaires, optant finalement pour un recul philosophique qui me semble la seule position porteuse d'espérance. J'ai besoin d'utopies pour vivre et avancer. Le bipartisme grandissant où on oscille entre républicains et démocrates ne m'intéresse guère. Le centre gauche et le centre droit n'offrent que peu d'attrait au libre penseur. On nous a fait voter Chirac au second tour, belle manipulation lorsqu'on sait que les dernières signatures pour Le Pen venaient de maires RPR. Nombreux avaient cru au grand soir le 10 mai 81. Rabat-joie, j'avais ce soir-là dénoncé la social-démocratie. Je suis injuste, il y eut moins de flics dans les rues, la mise à mort fut abandonnée, la première année marqua un épanouissement culturel avec le célèbre 1% du budget... La différence entre les "socialistes" et la droite ? Leur politique se ressemble, à la différence que "la gauche" la pratique avec culpabilité, ce qui ajoute maladresse au gâchis et aux iniquités. Et aujourd'hui ? Sarkozy est un dangereux psychopathe. Bayrou ressemble à la France profonde, centriste, le cul entre deux chaises. Royal est tant assaillie par ses propres amis qu'on aurait envie de voter pour elle, par pur anti-machisme, si elle ne défendait un programme de centre droit. À quoi rime l'extrême-gauche éclatée façon puzzle ?
Je lirai donc les papiers qui tomberont dans ma boîte aux lettres, une urne funéraire. Je continuerai de lire le Monde Diplomatique pour tenter de comprendre à quelle sauce l'homme sera exploité par l'homme cette année. Je me pencherai sur les motivations de cette humanité cynique et cruelle qui s'auto-détruit en entraînant avec elles toutes les autres espèces qui ne votent pas. Je ferai des rêves, du moins j'essaierai encore et encore. Et comme le proclamait un slogan de 1968 sur une image de chiottes à la turc, même si les élections sont un piège à cons, "votez dur, votez mou, mais votez dans le trou".

Capture-écran de la première des 111 boucles vidéo interactives du cd-rom Machiavel (Birgé-Schmitt), 1999.